Avec l'arrivée de la saison estivale, le défi de la surveillance des plans d'eau en Creuse se pose de nouveau pour les collectivités. La compétition croissante avec les destinations balnéaires et la diminution du nombre de diplômés du BNSSA (Brevet National de Sécurité et de Sauvetage Aquatique) compliquent les recrutements. En 2024, par exemple, la plage d'Anzême n'a pu bénéficier d'aucune surveillance durant le mois d'août, faute de sauveteurs qualifiés. Face à cette situation préoccupante, le Service Départemental d'Incendie et de Secours (SDIS) de la Creuse propose aux municipalités de prendre en charge la gestion des plages cet été.
Après conclusion d'une convention avec les collectivités intéressées, le SDIS s'occupe de l'ensemble des démarches : de l'installation à la gestion du matériel de secours, en passant par le recrutement des surveillants de baignade. Dans cette démarche, il est prévu que chaque plage soit dotée non pas d'un mais de deux surveillants : un titulaire du BNSSA, accompagné d’un secouriste, sans nécessairement être pompier volontaire.
Une sacrée plus-value
Pour le commandant Didier Jouanny, cette approche offre une "sacrée plus-value". Il précise : "Lorsqu'un sauvetage doit s'effectuer, il est crucial de pouvoir compter sur un binôme pour évacuer les baigneurs en toute sécurité. Un seul sauveteur aurait plus de difficultés dans cette situation". La sécurité sera ainsi assurée sept jours sur sept durant tout l'été. Didier Jouanny souligne que pour répondre à cette demande, il a besoin d'environ huit diplômés BNSSA et cinq secouristes par mois, et selon les premiers retours, une vingtaine de candidats intéressés se seraient déjà manifestés depuis l’ouverture des candidatures. Pour attirer davantage de talents, le SDIS mise sur un avantage attractif : les rémunérations proposées s’élèvent à 2 200 euros pour les surveillants de baignade et 1 600 euros pour les secouristes.
Ce n'est pas la première fois que le SDIS 23 se charge de la surveillance des baignades en Creuse. Pendant deux décennies, il a géré la sécurité de cinq plages sur le lac de Vassivière. Grâce au plan particulier alloué par l'État pour la Creuse entre 2024 et 2026, ce dispositif retrouve une nouvelle vie. Il est à noter cependant que le SDIS attend également une contribution des municipalités en fin de saison, dont le montant variera entre 11 000 et 16 000 euros, afin d’assurer la pérennité de cette initiative lors des étés à venir.







