Dans un rapport publié vendredi, la cour des comptes émet de vives critiques concernant le financement de la construction du canal Seine Nord Europe. D'ici 2032, cet ouvrage titanesque de 107 kilomètres devra relier la Seine à la Mer du Nord en passant par la Picardie. Cependant, le chantier, qui est déjà bien avancé dans l'Oise et dont les travaux préparatoires ont débuté dans l'est de la Somme, verra ses coûts exploser : ils pourraient être plus du double des prévisions initiales.
La cour des comptes émet une dérive importante dans ses estimations, frôlant désormais les 7,3 milliards d'euros, contre 3,5 milliards d'euros en 2005. Si l'inflation et les crises internationales sont des facteurs aggravants, ces coûts exorbitants résultent également de problèmes structurels plus complexes.
Des prestataires extérieurs qui pèsent sur le budget
Le rapport souligne un point crucial : « bien que la Société du Canal Seine Nord Europe ait vu ses effectifs et ses compétences croître depuis sa création, elle n’a pas atteint la taille critique nécessaire pour assurer efficacement la maîtrise d’ouvrage des marchés publics ». Ce constat met en lumière une trop grande dépendance envers des prestataires externes, ce qui engendre des coûts supplémentaires et alourdit la facture finale, avec un reste à charge estimé à 2,2 milliards d'euros.
L'État et les collectivités locales devront mettre la main à la poche. À ce sujet, la cour des comptes s'inquiète de l'absence d'un plan concret pour couvrir les dépenses restantes.
Des responsabilités à assumer
Xavier Bertrand, président du Conseil Régional des Hauts-de-France, estime que « ce rapport place chacun face à ses responsabilités ». Il souligne l'importance d'une « conférence de financement avec les différents acteurs, y compris l’État, pour déterminer comment financer l'emprunt nécessaire au bouclage du canal ».
Cependant, la cour des comptes avertit également d'un risque très élevé de devoir souscrire à de nouveaux emprunts, ce qui rendrait le projet encore plus coûteux, potentiellement jusqu'à 10 milliards d'euros. Le rapport souligne également une inquiétude quant à la tenue des délais et à la mise en service du canal prévue pour 2032.







