Dimanche, Matignon a réaffirmé qu'il n'y aura pas de "passage en force" concernant le travail le 1er mai, à l'approche d'une réunion cruciale entre le ministre du Travail et les dirigeants syndicaux, fermement opposés à une loi en cours d'adoption rapide par le Parlement.
Cette rencontre, prévue pour demain à 18H00, vise à définir "un périmètre très précis des commerces autorisés à ouvrir le 1er mai", a précisé Matignon à l'AFP. L'objectif de l'exécutif demeure d'atteindre une "solution efficace et acceptable".
Les syndicats ont vivement critiqué cette proposition de loi, qui permettrait l'ouverture de certains commerces, notamment les boulangeries, pâtisseries, fleuristes et établissements culturels, le jour férié.
Cette possibilité d'ouvrir le 1er mai pourrait être rapidement mise en œuvre grâce à une motion de rejet votée vendredi par l'Assemblée nationale, permettant une adoption sans examen préalable. Une commission mixte paritaire pourrait se réunir dans les prochains jours pour rendre cette mesure applicable dès le 1er mai, s'inscrivant dans la volonté gouvernementale de modifier rapidement le cadre législatif.
Les syndicats, unissant leurs voix, ont adressé une lettre au Premier ministre pour exiger le respect de "la démocratie sociale et politique" et demander l'annulation de la CMP. Selon eux, ce projet étendrait les possibilités de travail le 1er mai aux grandes entreprises, en nuisant aux petits commerces locaux.
Un projet de décret partagé avec les syndicats mentionne une ouverture potentielle de nombreux commerces, y compris des "grandes enseignes industrielles". L'inclusion de grandes surfaces spécialisées soulève également des inquiétudes, décrivant cette loi comme une généralisation de l'ouverture le 1er mai.
Les syndicats rappellent que "la réforme d'un texte d'histoire sociale ne peut être effectuée de manière brutale", soulignant le défaut d'examen en première lecture. La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a aussi souhaité, sur France 3, un examen du texte avant le 1er mai, appelant à un dialogue avec les syndicats pour éviter des tensions sociales sur un sujet aussi sensible.
La loi actuelle stipule que seul le 1er mai est un jour férié obligatoirement chômé, avec des exceptions pour certains artisans. Toutefois, des discussions récents ont été relancées après que des boulangers aient été sanctionnés pour avoir fait travailler des employés durant cette période, permettant de redéfinir un cadre plus clair pour ces activités économiques.







