Dans un rapport à paraître ce vendredi, la Cour des comptes s'inquiète de la hausse significative des coûts liés à la construction du canal Seine-Nord Europe. Ce projet ambitieux, mesurant 107 km, a vu ses coûts presque doubler, atteignant désormais 7,3 milliards d'euros, largement au-dessus des prévisions initiales, dépassant même le taux d'inflation.
A ce montant s'ajouteront 1 à 3 milliards d'euros pour boucler le financement, comme l'indique le rapport dont l'AFP a eu accès. La synthèse précise que cette situation crée un "risque fort pour l'État", qui pourrait être amené à garantir le financement final du projet.
Il est donc urgent, selon la Cour, de clarifier la répartition des financements. En 2019, un consensus avait été établi : 2,2 milliards d'euros à parts égales entre l'État et les collectivités, 2,1 milliards d'euros de fonds européens, et le reste par emprunt. Toutefois, cette estimation est largement dépassée, et le risque de devoir accroître le montant des emprunts est très élevé.
De plus, le remboursement de ces emprunts repose encore sur des projections de recettes issues du canal, qui restent vagues. Le rapport souligne que les perspectives de croissance à long terme sont revues à la baisse, compliquant davantage la situation. Le transfert du transport routier vers le fluvial n'est également pas garanti.
Par ailleurs, la date de mise en service, qui avait déjà été repoussée, est désormais fixée à 2032, bien que les travaux aient débuté en 2022. Les impacts environnementaux sont également lourds, affectant le cycle de l'eau et la biodiversité à l'échelle régionale, générant une grande quantité de terres excavées et une dette carbone significative.
La Cour indique que le programme de compensation environnementale établi par la Société du Canal Seine-Nord Europe (SCSNE) doit être suivi de manière rigoureuse pour être efficace. En réponse à ce rapport, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a affirmé qu'il envisageait de revoir la totalité des financements afin de conclure un avenant à la convention de 2019.
Dans un communiqué, la SCSNE a déclaré qu'elle soutenait toutes les recommandations du rapport, affirmant qu'elles confortent les actions déjà entreprises pour la bonne conduite du chantier et ses retombées économiques.







