Le 9 avril dernier, lors d'une conférence, le gouvernement a exposé les premières mesures de ce plan conçu pour stopper l'augmentation des dépenses d'assurance maladie, qui ont connu un pic sans précédent avec 12 milliards d'euros dédiés aux indemnités journalières pour arrêts maladie. À cela s’ajoutent 5,8 milliards d’euros pour les travailleurs touchés par des accidents de travail ou maladies professionnelles, totalisant près de 18 milliards d’euros liés à l’absentéisme.
680.000 contrôles prévus
Selon des informations relayées par BFM Business, le ministère souhaite accroître le nombre de contrôles au sein des entreprises. Pas moins de 680.000 contrôles sont envisagés dans les secteurs présentant les taux d'absentéisme les plus élevés. Les caisses d'assurance retraite et de santé au travail (Carsat) pourront inspecter les entreprises de plus de 1.000 salariés affichant des taux d'absentéisme préoccupants.
Différents baromètres, tels que celui d'Axa, montrent une augmentation alarmante de l'absentéisme, atteignant 4,8% en 2025, soit une hausse de 50% par rapport à 2019, la pré- pandémie. Les secteurs les plus touchés incluent la santé et l’action sociale, ainsi que l'hébergement et la restauration.
Les employeurs auront également la possibilité de réclamer des contrôles eux-mêmes via un nouveau "bouton d'alerte" introduit par le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, en cas d'absences répétées d'un salarié. Les médecins, eux, pourront recommander un retour anticipé au travail si des ajustements sont possibles.
Prévention de la santé mentale au travail
En parallèle, le gouvernement a mis l'accent sur un plan de prévention de la santé mentale, l'invitant à adopter une charte d'engagement pour le bien-être au travail. Ce plan a été présenté lors de la Rencontre des entrepreneurs de France en 2025.
Renforcement des dispositifs médicaux
Le gouvernement prévoit de généraliser le dispositif SOS IJ, qui aide les médecins à gérer des prescriptions complexes, à partir de juin 2026. Ce dispositif avait été testé dans deux départements pour répondre aux préoccupations des professionnels de santé.
Pas d'allongement de la carence
Pour l'instant, le gouvernement choisit de ne pas allonger la période de carence pour les arrêts de travail, un sujet controversé qui sera discuté lors de la prochaine conférence Travail Emploi Retraites (TER) prévue le 22 mai. La question des indemnités journalières a également été abordée, sans prévoir de nouveau plafonnement.
Les mesures annoncées montrent une volonté affichée de trouver l'équilibre entre la réduction des coûts pour la Sécu et la préservation de la santé des travailleurs. Selon la ministre de la Santé, ces actions doivent s'accompagner d'un dialogue social constructif pour garantir le bien-être des employés tout en contrôlant les abus.







