Aujourd’hui, je déjeune au musée
Face à l'essor des restaurants transformés en galeries d'art dans nos villes, les musées ont réagi en ouvrant leurs propres espaces de restauration. Ces tables gastronomiques, désormais en vogue, attirent autant pour leurs mets que pour leur cadre exceptionnel.
Des tables emblématiques
Cet été, au musée des Arts premiers du quai Branly, le chef Arno Busquet a lancé Les Ombres, un espace culinaire conçu pour attirer les visiteurs même après la fermeture du musée. Avec des réservations pleines un mois à l'avance, il semblerait que la plupart des convives soient davantage fascinés par la vue et le menu que par les œuvres qui les entourent. Cette tendance se poursuit, avec l'arrivée imminente de nouvelles tables dans d'autres musées prestigieux, comme le musée des Arts décoratifs qui s'ouvre en décembre et le musée Fabre de Montpellier, qui rouvre ses portes en février prochain, avec une carte d'inspiration italienne signée par les frères Pourcel.
L'art de la gastronomie
Bien que la qualité des propositions culinaires s'améliore, il est parfois difficile de relier ces expériences gastronomiques à leurs environnements artistiques. Au restaurant Georges, situé au Centre Pompidou, l'esthétique l'emporte souvent sur l'inspiration artistique, offrant une vue imprenable sur Paris. À l'opposé, le Tokyo Eat au Palais de Tokyo s'ajuste plus harmonieusement à son cadre, grâce à une clientèle et un menu en parfaite adéquation.
D'autres établissements, tels que Ozu au CinéAqua, misent sur une ambiance visuelle captivante avec un aquarium fascinant. Cependant, la cuisine japonaise et la carte des sakés prennent le pas sur la décoration. Le Café de l'Homme, lui, offre une vue imprenable sur la Tour Eiffel, jouant un rôle central dans l'expérience culinaire avec un menu bien pensé déclinant diverses influences.
Une réflexion gustative
L'attente autour de ces établissements va au-delà du simple repas : de nombreux visiteurs espèrent que les plats proposés seront en harmonie avec les œuvres exposées. Un exemple frappant est le restaurant Le Transversal au Mac/Val, qui innove en confiant à un directeur artistique la création d'une carte réfléchissant les expositions en cours. Ce concept amusant permet aux chefs de collaborer avec des artistes pour créer des plats captivants, proposant ainsi une expérience à la fois bien pensée et abordable.
En attendant que d'autres musées s'inspirent de cette formule, des lieux comme le Futuroscope de Poitiers introduisent déjà l'art culinaire avec des expériences moléculaires, mêlant science et gastronomie.







