Résumer des années de recherche en à peine trois minutes : un défi ambitieux relevé par seize doctorants des universités Grenoble-Alpes et Savoie Mont-Blanc lors de la finale académique du concours de vulgarisation scientifique "Ma thèse en 180 secondes". La finale nationale se tiendra en mai à Lille.
Pour Alexandre Pellet, doctorant en mécanique de la neige, ce concours a eu un impact personnel : "La première fois que ma belle-mère a entendu ma présentation, elle a enfin compris le contenu de ma thèse". En trois minutes, il a su exposer son travail de manière claire et captivante, un atout majeur pour rendre la science accessible.
D'autres doctorants partagent ce sentiment. Stella Ville, qui se spécialise en linguistique, souligne : "Cela nous aide à sortir de notre niche. Nous nous spécialisons tant que parfois, nous oublions la perspective de ceux qui ne sont pas dans notre domaine". Une nécessité qui permet d'aller à l'essentiel, ce qui est essentiel dans ce type d'exercice.
Les 16 candidats, guidés par un instructeur en prise de parole, doivent également maîtriser leur posture et leur éloquence. "C’est beaucoup d’entraînement, de répétitions, et de travail d'écriture", déclare Natacha Savine, doctorante en environnement et écologie.
Casser les idées reçues
Ce concours ne vise pas seulement à établir un format de présentation, mais aussi à démystifier la recherche. "L’intérêt est de présenter la diversité des sujets", affirme Xavier Oster, directeur adjoint du collège des écoles doctorales à l'Université Grenoble Alpes. Il précise que le doctorat et la recherche restent assez méconnus du grand public.
Après la finale régionale prévue pour le 28 avril à Clermont-Ferrand, les meilleurs candidats se qualifieront pour la finale nationale. L'académie de Grenoble a déjà remporté ce défi à quatre reprises au cours des treize éditions passées, prouvant ainsi l'efficacité de cette démarche de vulgarisation.
Reportage : O. Boisson / V. Habran / D. Semet / E. Achard






