Deux personnes ont été arrêtées dans la nuit de samedi à dimanche dans le cadre d'une enquête sur un attentat avorté visant le siège parisien de la Bank of America. Cette opération a été associée par le ministre de l'Intérieur à la guerre au Moyen-Orient.
La garde à vue d'un adolescent, arrêté samedi, a été prolongée, selon le parquet national antiterroriste, confirmant des informations du Parisien. À ce jour, trois individus sont donc en garde à vue dans cette affaire.
Lors d'une déclaration, Laurent Nuñez a établi un lien avec le conflit au Moyen-Orient, soulignant que le mode opératoire de cet attentat déjoué présente des similitudes avec des actions menées dans d'autres pays européens et revendiquées par un groupe mystérieux, proche des Gardiens de la Révolution iraniens.
Les faits se seraient déroulés tôt samedi matin, vers 3h30, rue La Boétie, où un homme a été intercepté alors qu'il déposait un engin explosif artisanal devant les locaux de la Bank of America. Il était sur le point d'allumer le dispositif avec un briquet. Un second individu, ayant pris la fuite, l'accompagnait, ce dernier se serait éloigné pour filmer la scène.
L'enquête, ouverte par le parquet antiterroriste, vise notamment à déterminer les intentions derrière cette tentative de dégradation par incendie en relation avec une entreprise terroriste. Les investigations ont été confiées à la brigade criminelle de la police judiciaire de Paris et à la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).
L'arme était constituée d'un bidon transparent de 5 litres de liquide, possiblement un hydrocarbure, associé à un système de mise à feu. Selon les informations partagées par des sources policières, le jeune interpellé se présente comme un mineur sénégalais, recruté via l'application Snapchat pour exécuter cette opération, moyennant une rémunération de 600 euros.
- "Vigilance extrême" -
Bien que Laurent Nuñez ait avoué ne pas connaître le commanditaire de cette opération, il a évoqué la suspicion d'une action perpétrée par des intermédiaires, possiblement des Iraniens. Depuis le début du conflit, le ministre de l'Intérieur appelle à une "vigilance extrême" parmi les forces de l'ordre, en particulier pour protéger les opposants iraniens, leurs lieux de rassemblement, les lieux de culte juifs, ainsi que les intérêts américains et israéliens, considérés comme des cibles potentielles d'attentats.
Pour renforcer cette vigilance, Laurent Nuñez a demandé un déploiement accrucé des forces de sécurité, notamment dans les gares et dans d'autres lieux publics très fréquentés. Jusqu'à présent, aucun projet d'attentat n'avait été déjoué en France depuis le début de la guerre.
Cette opération déjouée illustre la menace croissante émanant de l’influence iranienne sur les intérêts américains et israéliens en Europe, comme l’a souligné une source proche de l’enquête auprès de l'AFP. Alors que la France n'est pas directement ciblée, le gouvernement accentue l'alerte sur le risque d'actes terroristes visant des cibles liées aux États-Unis et à Israël.
Un soutien politique est également manifeste dans ce contexte, comme l'a exprimé le député Jean-Philippe Tanguy du Rassemblement national, qui a salué sur BFMTV les initiatives du gouvernement destinées à prévenir de tels attentats.







