[Cet article a été publié le 17 août et republié le 16 mars 2026]
Vous avez remarqué ? Depuis quelques temps, la course à pied est devenue quasi une tendance universelle.
J’exagère à peine. En effet, tout le monde semble se préparer pour un 5 000 mètres ou planifier un semi-marathon, s'abstenant même de prendre l'apéritif pour ne pas compromettre leur programme d'entraînement.
Le lendemain du marathon de Pittsburgh, qui a eu lieu le 4 mai, j'ai été inondée sur les réseaux sociaux de clichés d’amis exténués, affichant médailles et sourires triomphants. Des retrouvailles pleines d’enthousiasme et des célébrations familiales étaient au rendez-vous.
Mais comment en sommes-nous arrivés là ? Lorsque je dis "tout le monde", je parle de personnes qui, auparavant, ne faisaient que se précipiter dans les magasins. Ce sont d'anciennes enseignantes, des mères au foyer ou même des voisins, peu enclins à la pratique sportive.
Je me suis tapé tous les K
Un premier aveu : je n'aime pas particulièrement courir. Enfin, détester est peut-être excessif, disons que cela ne me passionne pas. Mes genoux en souffrent ; de plus, je suis plutôt maladroite et souvent la cible des moqueries de mes voisins, imaginant ma course chaotique à travers le quartier.
Surtout, je suis lasse de la course. Au lycée, pendant la première vague, j’ai fait de l’athlétisme. À l’époque, je pensais que c'était le meilleur moyen d'attirer l'attention des garçons. Toutefois, même si mes performances étaient quelconques, j’ai appris des valeurs précieuses. J'ai tissé des amitiés et apprécié l'effort.
Je suis passée à autre chose
Mais aujourd’hui, je ne veux plus revivre ces moments. L’idée de remonter dans une paire de baskets ne m’enchante guère. Je préfère marcher. Certes, cette activité ne fait pas la une des réseaux sociaux comme la course, et il n'y a pas d’euphorie associée à chaque pas. Quand j'annonce que j'ai simplement réalisé le tour de mon pâté de maisons, mes amis semblent peu impressionnés.
Pour être honnête, je peine même à garder le compte de mes pas. Mon application de fitness me rappelle constamment que j'ai fait moins de pas que la semaine précédente. Elle ne se risque jamais à me dire : "Tous vos amis courent des marathons et profitent de la vie. Que dirais-tu d’un peu de motivation ?"
Dans un monde où la course est devenue un symbole de réussite personnelle, il est peut-être temps de redonner ses lettres de noblesse à la marche, une pratique qui a beaucoup à offrir sans les contraintes du chronomètre. Comme l’indiquait le quotidien Le Monde, "marcher est un acte de résistance face à la frénésie du monde moderne". Réfléchissons sur ce qu’impliquent ces tendances et redéfinissons notre rapport à l'effort physique.







