Les cinéastes Mariana Rondón et Marité Ugás, connus pour leur engagement social, dévoilent la dure réalité du Venezuela dans leur film Aún es de noche en Caracas ("Il fait encore nuit à Caracas"). Ce dernier a été projeté au Festival du film et forum international sur les droits humains (FIFDH) à Genève, mais il n'est pas encore disponible au Venezuela, le pays où il se déroule.

Utilisant la fiction, elles décrivent un quotidien cauchemardesque, marqué par la répression violente des manifestations et le système oppressif en place. Leur œuvre met en lumière les privations, la corruption et la surveillance systématique qui pèsent sur la population.

À l'occasion du FIFDH, l'importance de telles œuvres pour la diaspora vénézuélienne est palpable. En effet, Mariana Rondón souligne que la projection permet à ceux qui vivent à l'étranger de communiquer la réalité de leur pays à leurs amis ailleurs. Le film n’est pas seulement une réflexion sur la violence ; c’est aussi un appel à la solidarité et à la compréhension. Le gouvernement vénézuélien, par sa répression des voix dissidentes, a poussé près de 9 millions de Vénézuéliens à l'exil.

Marité Ugás, pour sa part, met en avant que le travail d'équipe et l'implication d'acteurs talentueux issus de la diaspora ont enrichi ce projet. "Nous avons su capter la réalité d'un peuple en souffrance, en particulier à travers le prisme du thriller, ce qui nous permet de toucher un public vaste”, explique-t-elle.

Les experts analysent également l'impact du film. Le sociologue Dr. Miguel Torres, qui suit la dynamique sociale au Venezuela, affirme que "ces œuvres cinématographiques sont essentielles pour la prise de conscience internationale sur les violences que subit le peuple vénézuélien". Cela fait écho aux propos de Rondón sur la nécessité de raconter l'histoire sans nécessairement s'en prendre au régime, mais en montrant son impact sur les vies quotidiennes des Vénézuéliens.

La peur demeure un companion constant, même pour les réalisatrices qui, bien qu'éloignées, restent profondément connectées aux enjeux de leur pays natal. "Chaque film que nous faisons est un témoignage, mais aussi un risque”, conclut Rondón, soulignant la complexité de leur mission artistique.