Dans un entretien exclusif, Robert Ménard, récemment réélu maire de Béziers avec plus de 65 % des voix, exprime sa vision pour une droite française renouvelée. Pour lui, ses résultats électoraux ne sont pas seulement une victoire personnelle, mais un avertissement pour l'ensemble de la droite face à l'évolution de la scène politique.
Il souligne que le travail accompli en tant qu'élu est indéniable. « Il faut vraiment faire preuve de mauvaise foi pour ne pas voir les changements dans notre ville depuis 2014 », déclare-t-il. Son message de campagne a été clair, visant surtout à changer la perception du RN pendant cette élection. Alors que le RN semblait dominant dans la région, Ménard pointe du doigt le manque de connexion avec les préoccupations réelles des citoyens. « Un maire doit être proche des gens, à leur écoute, et faire preuve de disponibilité », explique-t-il.
Sur la faible performance de La France Insoumise à Béziers, Ménard affirme que leur stratégie communautariste n'a pas trouvé écho. « Les électeurs ne sont pas dupes. Ils perçoivent les dangers d'une immigration incontrôlée et savent que cela donne lieu à des problèmes dans leurs quartiers », explique-t-il, pointant l'importance de parler des soucis concrets des habitants.
Concernant la dynamique actuelle de la droite, il appelle Béziers à devenir un modèle. « Nous devons aborder les vérités difficiles et offrir des solutions », insiste Ménard. Il dénonce les promesses irréalistes des partis, comme celle du RN, qui prétend que la France peut éviter des réformes nécessaires sans conséquences.
Malgré ses critiques envers le RN, il n'hésiterait pas à voter pour eux face à LFI. « Je voterais Rassemblement National sans hésiter, car il est important d'avoir une alternative à la gauche », confie-t-il. Toutefois, cela ne doit pas être la seule option pour 2027. Il rêve d'une figure politique capable d'unir au-delà des partis traditionnels, d'une incarnation qui puisse réellement parler au peuple et le rassembler.
Enfin, Ménard exprime un cautionnement prudent sur la possibilité d'une union des droites, déclarant que les partis sont souvent trop en désaccord pour envisager une collaboration réelle. Cependant, il reste optimiste quant à l'avenir, convaincu qu'une nouvelle dynamique peut émerger.
"L'union des droites se fera de l'extérieur. Si les partis ne s'unissent pas d'eux-mêmes, nous le ferons," conclut-il.







