Les investigations continuent d’évoluer, avec une attention particulière portée aux potentielles complicités internes. Quatre jours après une série d'arrestations, neuf personnes ont été mises en examen dans le cadre de l'enquête concernant l'escroquerie à la billetterie du Louvre. Parmi elles, une a été placée en détention provisoire, selon les informations relayées par l'AFP.
Cette personne est accusée de plusieurs infractions : escroquerie en bande organisée, usage de faux documents, corruption active, blanchiment d'argent, et participation à une association de malfaiteurs. Ainsi, le parquet a requis sa détention provisoire.
Selon le parquet de Paris, «Le réseau aurait facilité l'entrée de jusqu'à 20 groupes de touristes chinois par jour, et le préjudice total pour le Louvre est estimé à plus de 10 millions d'euros.» Jusqu'à présent, plus de 957 000 euros en espèces et des sommes avoisinant 486 000 euros sur différents comptes bancaires ont été saisis.
L'affaire a débuté en août 2024, suite à un signalement interne faisant état de guides non autorisés cherchant à corrompre du personnel de caisse. «Des employés étaient sollicités pour fermer les yeux et laisser passer des groupes sans vérification des billets,» a expliqué un responsable du musée. Un manque de concordance entre le nombre de groupes dans les salles et les revenus encaissement a incité le Louvre à agir.
La plainte du musée déposée en décembre 2024 a permis aux enquêteurs d'initier des surveillances et des écoutes. Au fil des mois, ils ont découvert un système sophistiqué orchestré par un couple de guides. Ce dernier a été identifié comme réutilisant inappropriément plusieurs billets pour des groupes différents.
En 2025, le musée a reçu plus de 53 000 groupes, représentant l'équivalent de 1,7 million de visiteurs. Dans ce flux immense, déceler une fraude était un défi. Cependant, des comportements suspects, tels que des groupes fragmentés pour éviter des frais de guide, ont fini par alerter les autorités.
Le réseau d'escroqueries s'est assuré le soutien de complices internes qui percevaient des pots-de-vin pour ignorer ces fraudes.
À ce jour, les enquêtes ont conduit à l'interpellation de deux agents de caisse, devenus suspects pour leur manque de scrupules. Ils ont été suspendus immédiatement après leurs arrestations, mais les perquisitions dans leurs dossiers n'ont rien donné.
Des sources suggèrent que l'enquête est loin d'être close et pourrait entraîner d'autres arrestations parmi le personnel du Louvre. «Il est étonnant de croire qu'uniquement deux agents aient pu être impliqués dans une telle fraude,» remarque un proche du dossier.
Avec un préjudice évalué à 10 millions d'euros, l'escroquerie se révèle particulièrement impactante. Le musée accueille quotidiennement environ 30 000 personnes, chaque ticket coûtant 22 euros (32 euros pour les visiteurs extra-européens depuis janvier 2026). La billetterie année atteint 100 millions d'euros, constituant la principale source de financement du musée.
Le Louvre a déjà affronté diverses fraudes dans le passé, mais cette affaire représente un tout autre genre de menace. Les soupçons avancent que les fonds détournés ont été investis dans l'immobilier, aussi bien en France qu'à Dubaï.
Patrimoine emblématique, le Louvre pourrait également avoir été touché par des fraudes similaires au château de Versailles, bien que la direction de ce dernier ait refusé de commenter.
Récemment affecté par le vol de bijoux, le musée se déclare satisfait de la progression de l'enquête souhaitée et largement soutenue.







