Depuis plus de cinquante ans, la France fait face à des tensions entre les jeunes, en particulier ceux d'origine arabe ou africaine, et les forces de l'ordre. L'affaire la plus emblématique reste celle d'Adama Traoré, tragiquement décédé le 19 juillet 2016 dans une gendarmerie du Val-d’Oise après une interpellation.
Sa mort a marqué le début d'un débat intense sur le contrôle des forces de l'ordre par la justice et sur les violences policières, renforcé par la mobilisation de sa sœur, Assa Traoré, qui est devenue une voix importante dans les quartiers populaires. Le Comité vérité et justice pour Adama a su maintenir vivant le sujet des relations entre jeunes et police, révélant des fractures profondes au sein de la société française.
Le 11 février dernier, la Cour de cassation a confirmé un non-lieu au profit des gendarmes, clôturant ainsi une décennie de procédures complexes. Malgré les contestations, la justice a établi que l'intervention des gendarmes n'était pas la cause principale du décès d'Adama. Une affirmation que sa famille, à travers des soutiens variés mais également des voix indépendantes, comme celles de certains juristes, conteste fermement.

L'issue de l'affaire Adama Traoré ne réduit en rien l'urgence du débat sur les pratiques policières, le contrôle au faciès, et les implications sur les jeunes des quartiers défavorisés. D'après des études menées, comme celle du Défenseur des droits Jacques Toubon en 2017, les jeunes perçus comme noirs ou arabes sont vingt fois plus susceptibles d'être contrôlés par la police, une statistique qui souligne une discrimination persistante.
Les promesses politiques de réformer ces pratiques, telles que l’instauration d’un récépissé pour les contrôles d’identité abusifs, se heurtent à des résistances syndicales. De plus, l’utilisation récente de caméras-piétons, prévue pour renforcer la transparence, peine à être mise en place de manière efficace selon plusieurs experts du droit.
La quête d’une égalité de traitement entre tous les citoyens face aux forces de l'ordre est essentielle pour garantir la paix sociale et le bon fonctionnement de la démocratie. Bien que des comportements délinquants ne peuvent pas être excusés, le lien entre les inégalités observées et la méfiance croissante des jeunes issus de minorités envers la police doit être examiné. Les procédures de contrôle et de sanction des abus doivent être renforcées pour combattre ce sentiment d'impunité qui gangrène la relation entre jeunes et forces de l’ordre.
Ces rapports sont un enjeu non seulement sécuritaire mais également identitaire, façonnant la manière dont ces jeunes perçoivent leur place dans la société et leur citoyenneté.







