Le tribunal de Bayonne a jugé jeudi cinq kinésithérapeutes du même cabinet à Urrugne, accusés de fraude à la caisse primaire d'assurance-maladie (CPAM). Leur modus operandi consiste à facturer deux actes alors qu'un seul était réellement pratiqué. L'affaire concerne une période allant du 4 janvier 2021 au 31 janvier 2024, et le préjudice total est évalué à 140 000 euros.
Les professionnels de santé, quatre femmes âgées de 28 à 32 ans et un homme de 25 ans, ont été confrontés à des accusations sérieuses. Selon les révélations de France Bleu, c'est un audit du service comptabilité de la Sécurité sociale qui a détecté ces incohérences. Les kinésithérapeutes facturaient en effet deux actes pour une consultation durant une heure, alors que la CPAM considère qu'un acte nécessite environ une demi-heure.
Me Sophie Serrano, l'avocate de la CPAM, a souligné : "C'est un choix personnel des kinés, mais ils ne peuvent pas transférer cette charge financière à la sécurité sociale". L’avocate a également demandé le remboursement des sommes indûment perçues.
Les défenseurs des prévenus ont plaidé pour leur relaxe, affirmant que les kinés ont besoin de plus de temps pour traiter leurs patients, et agissent souvent en fonction des prescriptions médicales. De plus, des actes facturés auraient été réalisés par des remplaçants, ce qui complique encore la situation. La procureure Marie Hirigoyen a requis des peines de prison avec sursis allant de six mois à deux mois, accompagnées de lourdes amendes financières. La décision finale sera rendue le 10 mars.
Cette affaire met en lumière un problème préoccupant dans le système de soins français. Des experts soulignent l'importance d'un encadrement strict des pratiques médicales pour prévenir les abus potentiels et garantir l'intégrité du système de santé public.







