En Ouganda, un député du parti de l'opposant Bobi Wine a fait des révélations alarmantes le 16 janvier, affirmant que l'armée a tué dix de ses partisans. Ce drame s'est produit à son domicile, une accusation qui survient alors qu'une intensification des tensions règne à l'approche de l'annonce des résultats des élections présidentielle et législatives.
Muwanga Kivumbi, membre de la Plateforme d'unité nationale, a déclaré : « Dix personnes ont été tuées à l’intérieur de ma maison ». L'attaque a eu lieu dans le district de Butambala, bastion politique de Bobi Wine. Selon ses dires, après avoir abattu les jeunes hommes, l'armée a continué à tirer et a effacé toutes les preuves de leur mort, laissant « une mare de sang ».
Le climat de crainte est palpable en Ouganda. Les élections, tenues le 16 janvier, étaient sous haute tension. Le président sortant Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 40 ans, vise un septième mandat consécutif. Son principal adversaire, Bobi Wine, a dénoncé le « bourrage massif des urnes » et déploré les arrestations de membres de son équipe, notamment suite à des restrictions sur Internet qui ont eu lieu avant les élections.
Les événements survenus dans le district de Butambala ont été qualifiés de « massacre » par certaines sources, alors que des centaines de personnes s’étaient rassemblées chez Kivumbi pour manifester contre les possibles fraudes électorales. Selon des témoins, l’armée a ouvert le feu sur la foule pour disperser les manifestants.
La situation a suscité des réactions au sein de la communauté internationale. Des experts en droits humains s'alarment des actes de violence perpétrés contre des civils, soulignant un schéma inquiétant de répression politique en Ouganda. Le rapport d'Amnesty International sur les élections de cette année met en lumière la manipulation du processus électoral et les violences à l'encontre des opposants.
Une résidente, épouvantée par les événements, témoigne : « Nous étions des civils. Nous n’étions pas armés. Il était 3 heures du matin. Je ne sais pas ce que nous avions fait de mal ». La scène tragique, marquée par la perte de vies innocentes, soulève la question de l’avenir démocratique de l’Ouganda et de la sécurité de ses citoyens.







