Le système judiciaire français traverse une période sans précédent, avec l'annonce par Frank Rastoul, procureur général de la cour d’appel d’Aix-en-Provence, de la libération forcée de 19 accusés criminels. Ces libérations sont le résultat de retards importants dans le traitement des causes judiciaires, ce qui viole les délais légaux imposés par la loi.
La législation stipule qu'un accusé ne peut pas être détenu plus d'un an devant une cour criminelle départementale et plus de deux ans devant une cour d'assises. Cette situation alarmante met en lumière une « embolie » dans le système judiciaire, comme l'a décrit le secrétaire général adjoint de l’Union syndicale des magistrats, Aurélien Martini. La saturation des cours illustre une incapacité à juger efficacement des affaires gravissimes, avec plus de 80 % des affaires traitées concernées par des crimes tels que les viols.
À Paris, le nombre de dossiers en attente a récemment augmenté de 36 % pour atteindre 925 enquêtes au début de l'année 2026, un chiffre qui ne cesse de croître. « Nous ne pouvons plus y arriver », reconnaît le procureur, soulignant qu’une réorganisation profonde du système et des réformes législatives sont impératives pour faire face à cette crise croissante.
Dans ce contexte, l’ouverture d’une nouvelle salle d’audience à Aix-en-Provence est envisagée, mais Franck Rastoul estime que cela ne suffira pas. Il appelle à un « sursaut national » pour repenser le fonctionnement de la justice, afin d’assurer un jugement rapide et équitable pour les victimes et la société. La capacité d’un État démocratique à rendre la justice est en jeu, et les implications de ces libertés sont préoccupantes. Cette crise soulève des questions cruciales sur la protection des droits des victimes et l’intégrité du système judiciaire.
Selon les commentaires d'experts juridiques, le phénomène observé n'est pas isolé. Des pays comme l'Espagne et l'Italie font face à des défis similaires, où les retards de justice nuisent à la confiance du public. En France, il est essentiel de tabler sur des solutions innovantes, comme l'augmentation des ressources humaines et techniques, tout en préservant le droit des accusés. Cette dynamique complexe appelle à une réflexion approfondie sur l’évolution nécessaire du cadre judiciaire dans le pays.







