Depuis le début des travaux de dépollution autour de Péronne, les équipes sont mobilisées pour neutraliser les munitions de la Première Guerre mondiale, une étape cruciale pour le projet du Canal Seine-Nord Europe. Ce réseau fluvial de 107 km vise à relier la France au reste de l'Europe, et selon Pierre-Yves Biet, directeur du partenariat et des territoires de la société du Canal Seine-Nord Europe, le calendrier est respecté.
Les travaux se déroulent principalement dans l'Oise, où quatre nouveaux ponts ont été réalisés et la première écluse à Montmacq est en construction. En parallèle, des aménagements environnementaux importants sont prévus dans la Vallée de la Somme, notamment dans les secteurs de Cléry-sur-Somme, Biaches et Villers-Carbonnel, afin d'assurer la sécurité et la durabilité des futurs chantiers.
Cependant, le projet fait face à des contestations croissantes. En mi-octobre, un millier de manifestants se sont rassemblés dans l'Oise pour exprimer leurs préoccupations, notamment sur l'impact potentiel sur les ressources en eau. Selon Agnès Ducharnes, hydrologue au CNRS, les risques sont réels. Pourtant, Biet souligne l'intervention favorable des experts du Conseil national de protection de la nature, qui soutiennent le projet.
Pierre-Yves Biet insiste sur l'engagement pour la biodiversité, mentionnant la création de mares, de zones humides, ainsi que la plantation de 850 000 arbres et 75 km de haies. Cela représente 1 200 hectares d'aménagement écologique, dont plus de 400 hectares spécifiquement dans la Somme. Malgré ces efforts, les opposants demandent un moratoire, arguant que les mesures proposées ne sont pas suffisantes.
En termes de perspectives économiques, la société estime que le chantier pourrait engendrer jusqu'à 6 000 emplois à son apogée, avec environ 700 personnes déjà mobilisées, dont 40 % dans les départements de l'Oise et de la Somme. La période de pic des travaux, prévue pour 2029-2030, promet de mobiliser des ressources humaines considérables, dont environ 2 600 personnes dans la Somme.
Selon des sources médiatiques en France, ce projet, bien qu'il représente un pas vers la modernisation des infrastructures de transport, doit également répondre à des questions sociales et environnementales de grande envergure. La voie à suivre semble bifurquer entre développement économique et protection de l'environnement, et le débat est loin d'être clos.







