En salles ce mercredi, la suite de l’exposition cinématographique « Greenland », portée par Gerard Butler, s’inscrit dans la série des films catastrophiques marqués par une déception totale. Cinq ans après la pluie de débris de comètes qui a anéanti une grande partie de la planète, la nouvelle aventure de John, héros devenu malgré lui, ne fait qu’accumuler les incohérences scénaristiques et les dialogues d’une banalité affligeante.
Le récit se déroule dans un monde où les survivants se retranchent dans des bunkers, tous en quête d’un peu d’espoir. L’intrigue commence mollement, introduisant un John déterminé à subvenir aux besoins de sa famille et de la communauté installée dans un bunker au Groenland. Cependant, comme l’explique le Monde, on s’ennuie rapidement avant que l’action ne s’emballe à travers un voyage chaotique vers une France où l’on suppose que des terres fertiles les attendent.
Un périple entre naïveté et improbabilité
Ce voyage se transforme en une succession d’incohérences qui frôle l’absurde. Alors que le groupe se retrouve à court de ressources en plein milieu de l’Atlantique, une solution semble s’imposer : les courants marins les amènent à Liverpool sans explication. On aurait pu croire à un clin d’œil au voyage en train dans le temps, tant les événements s’enchaînent sans logique. La critique est partagée par Culturebox, soulignant la légèreté du scénario qui fait fi des réalités d’un monde apocalyptique.
Les rencontres tout au long du parcours sont tout aussi déroutantes. Des inconnus, prêts à aider John et sa famille - pourtant dans un contexte désespéré - semblent sortir d’un conte de fées. Après avoir croisé un conducteur de taxi nigérian, qui accepte de les transporter pour une montre qui ne leur sera d’aucune utilité, on se demande où se cachent les tensions susceptibles de frapper de tels échanges au cœur d’une société en déroute.
Des dialogues qui laissent songeurs
Les dialogues frôle la candeur, avec des répliques incroyablement superficielles, à l’image de conseils du père à son fils au bord de naufrage sur l’importance de s’émerveiller de la vie. D’une manière cruciale, ce qui fait la force d’un film d’action se transforme ici en une suite de clichés permettant à la situation de devenir encore plus tragique. Le film accumule les erreurs de continuité telles que l’absence de carburant pour les véhicules circulant dans cet univers, d’après le France 24.
À l’issue de ce spectacle incohérent et répétitif, on ne peut que se questionner sur les raisons qui ont poussé à cette production. « Greenland Migrations » pourrait faire rire de par ses excentricités, mais laisse un goût amer d’inachevé. Le cinéma mériterait peut-être d’explorer des récits s’appuyant sur des fondements narratifs solides, plutôt que de suivre la vague de la facilité.
En conclusion, cette œuvre du réalisateur Ric Roman Waugh, qui a déjà fait parler d'elle pour ses précédents films, dévoile les travers d’une franchise qui semble s’aventurer dans des eaux troubles. Toutefois, il est temps de se rappeler que parfois, la survie et l’authenticité doivent primer sur le spectacle, une leçon que pourrait retenir l’industrie cinématographique. Une réflexion nécessaire à l'heure des blockbusters qui ne laissent qu'un vide insatisfaisant en fin de projection.







