Dans un contexte de mécontentement croissant, les agriculteurs ont décidé de passer la nuit devant le Palais-Bourbon, illustrant une mobilisation déterminée, malgré l'annonce d'une "loi d'urgence agricole" par le Premier ministre.
Les tracteurs de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs (JA), qui étaient entrés à Paris en début de semaine, ont commencé à quitter la ville ce mercredi matin. Une journaliste de l’AFP a constaté la sortie des tracteurs avant même le lever du jour, témoignant ainsi de l’urgente réalité du mouvement agricole.
« Nous avons décidé, après consultation avec les délégations, de rester ici pour la nuit », a déclaré Damien Greffin, vice-président de la FNSEA. Les agriculteurs ont jugé imprudent de reprendre la route sans un repos adéquat, surtout après le départ des manifestants du Nord et du Pas-de-Calais, qui avaient quitté plus tôt dans la soirée précédente.
Une réponse gouvernementale face à un marasme persistant
Lors d'une déclaration faite mardi, le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis un projet de « loi d'urgence » pour le mois de mars, portant principalement sur des thématiques cruciales telles que l'eau et la gestion de la prédation par des espèces comme le loup. Ce texte sera soumis à l'examen parlementaire avant l'été, un espoir pour les agriculteurs face à la crise actuelle.
En parallèle, un plan global de 300 millions d'euros a également été annoncé, visant à soutenir le secteur agricole. Ce plan comprend une possibilité d’épargne de précaution, permettant aux producteurs de se préparer aux aléas économiques. Le Premier ministre a insisté sur le fait que ces mesures ne pourront entrer en vigueur qu'avec l'adoption du budget, incitant ainsi les exploitants et les parlementaires à coopérer.
Les avis restent partagés. Henri Lemaire, agriculteur à la retraite, a indiqué au journalistes de Le Monde que bien que les promesses soient encourageantes, « il reste encore beaucoup à faire pour redresser la situation économique des exploitants ». De même, des experts en agriculture soulignent qu'une simple loi ne suffira pas à résoudre les problématiques structurelles du secteur.
Le gouvernement doit maintenant prouver sa capacité à transformer ces promesses en actions concrètes, alors que les agriculteurs demeurent vigilants et résolus dans leur quête de justice et de survie économique.







