Le procès en appel de Marine Le Pen et du Rassemblement national, dans l'affaire des assistants d'eurodéputés FN, a démarré mardi à Paris. Une audience qui s'annonce cruciale pour sa candidature à la présidentielle de 2027.
Vêtue d'une élégante veste bleu nuit et d'un chemisier rose, la cheffe de file de l'extrême droite, âgée de 57 ans, a fait son entrée au palais de justice de Paris, un peu avant l'ouverture du procès qui a attiré l'attention des médias du monde entier.
Alors que le Rassemblement national, désormais doté de 120 députés, grimpe dans les sondages, Marine Le Pen pourrait être confrontée à une situation périlleuse. En effet, des condamnations passées pourraient entraver sa quatrième tentative à la présidence, la forçant à envisager la candidature de son protégé, Jordan Bardella.
"J'espère avoir une chance d'être entendue par la cour d'appel", a-t-elle déclaré, instaurant un climat d'optimisme avant la session de son groupe parlementaire. Le tribunal correctionnel de Paris l'avait condamnée le 31 mars 2025 à quatre ans d'emprisonnement, dont deux sous bracelet électronique, 100 000 euros d'amende ainsi qu'une inéligibilité de cinq ans, une situation qui la prive, à court terme, de toute ambition présidentielle.
Les juges ont déclaré qu'un "système" de détournement de fonds publics avait été mis en place entre 2004 et 2016, captant les fonds destinés aux assistants parlementaires pour les utiliser au profit exclusif du parti.
"L'utilisation des fonds doit être strictement réservée au député, non au parti", a souligné l'avocat du Parlement européen, Me Patrick Maisonneuve.
Le total des préjudices a été évalué à 3,2 millions d'euros. Parmi les prévenus en appel, des figures notables comme le maire de Perpignan, Louis Aliot, et l’eurodéputé Nicolas Bay sont présents, tandis que d'autres ont renoncé à faire appel.
Pour sa défense, Marine Le Pen mise sur sa non-intentionnalité, une approche jugée plus stratégique qu'une dénégation frontale. Bien qu'une condamnation ne l'empêcherait pas totalement de concourir pour 2027, cela dépendrait des sanctions qui lui seraient imposées.
Il est à noter qu'il y a eu une dégradation de son image dans l'opinion publique, laissant la porte ouverte à Jordan Bardella comme candidat potentiel à l'Élysée. "Je suis convaincue que je pourrais briguer la présidence si je suis éligible", a-t-elle affirmé, tout en reconnaissant que son acolyte pourrait potentiellement réussir "à ma place".
Ce procès en appel ne déterminera pas seulement ses chances, mais pourrait également redéfinir le paysage politique français dans les mois à venir. Le dénouement est attendu avec impatience alors que le pays se prépare pour une élection présidentielle cruciale.







