Le procès en appel de Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, débute mardi à Paris et pourrait profondément influencer son avenir politique. Condamnée en première instance à quatre ans de détention, dont deux fermes sous bracelet électronique, ainsi qu’à une amende de 100 000 euros et cinq ans d'inéligibilité, la cheffe de l'extrême droite française se trouve sur un terrain dangereux.
L’audience, qui doit se poursuivre jusqu’au 11 février, sera présidée par Michèle Agi et est très attendue. Toute décision des juges, prévue pour l'été, pourrait avoir des répercussions sur sa candidature potentielle pour l'élection présidentielle de 2027. Le tribunal correctionnel a jugé Marine Le Pen coupable de détournement de fonds publics, un système de captation des enveloppes que le Parlement européen verse aux eurodéputés pour rémunérer leurs assistants, une situation qui s'est déroulée entre 2004 et 2016.
Pour la partie civile, incluant le Parlement européen, ces assistants étaient en réalité affectés au Rassemblement national et non à leurs fonctions officielles. Les juges ont estimé le préjudice à 3,2 millions d'euros, pour lequel certains prévenus, dont la sœur de Marine Le Pen, ont déjà remboursé une partie.
Des figures notables du RN, comme Louis Aliot et Julien Odoul, seront également sur le banc des accusés. En déclarant à la presse qu’elle espère prouver son innocence, Le Pen a souligné qu’elle adoptera une approche différente de celle utilisée en première instance, mettant l'accent sur sa non-intentionnalité.
Une déclaration de culpabilité n'éliminerait pas ses possibilités de candidature, à condition que la peine d'inéligibilité soit inférieure à deux ans et qu'elle ne soit pas condamnée à porter un bracelet électronique, un obstacle majeur à toute campagne électorale.
Malgré sa détermination, l'opinion publique évolue, et la possibilité d'une candidature alternative par Jordan Bardella se renforce, avec des sondages révélant que 49 % des Français pensent qu'il aurait plus de chances de gagner à la présidentielle que Le Pen. Alors qu'elle rappelle vouloir se représenter « si elle peut », la situation reste précaire pour la leader du RN, ce qui pourrait lui laisser une marge étroite pour manœuvrer.
Comme l’explique la politologue Sophie Béjean, « le procès s’inscrit dans un contexte politique où chaque détail compte, et où l’image du candidat est cruciale ». Ce procès, au-delà des procédures judiciaires, pourrait ainsi s'imposer comme un tournant dans le parcours de Marine Le Pen et de son parti, à l’approche d’échéances électorales décisives.







