L'association de protection des forêts Canopée a émis un avertissement sérieux dans un rapport publié ce lundi, alertant sur le déclin des puits de carbone forestiers en France. Ces puits sont essentiels pour atteindre l'objectif de neutralité carbone d'ici 2050, mais selon Canopée, les politiques gouvernementales actuelles compromettent ces enjeux vitaux.
Dans ce rapport, les auteurs soulignent que "l'enjeu est considérable, et largement sous-estimé". Pour eux, la préservation de ce puits est tout aussi cruciale que la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Les puits de carbone jouent un rôle indispensable en absorbant le dioxyde de carbone de l'atmosphère, contribuant ainsi à compenser les émissions qui ne pourront pas être éliminées grâce aux efforts de sobriété et aux avancées technologiques d'ici 2050.
Canopée précise que les forêts constituent le principal contributeur à ce système de puits de carbone. Cependant, selon le Citepa, l'organisme de référence pour le suivi des émissions, la capacité des forêts françaises à absorber du carbone a chuté de plus de 50 % depuis le début des années 2000.
Trois facteurs expliquent cette baisse alarmante : une mortalité accrue des arbres, un ralentissement de leur croissance, et une augmentation des prélèvements, tels que les coupes. Canopée affirme que "la chute du puits de carbone forestier" est en partie due à des choix politiques identifiables et réparables.
Avec la Stratégie nationale bas carbone (SNBC), l'exécutif risque d'aggraver la dégradation des puits de carbone, selon l'association. Ce document, fréquemment révisé par le gouvernement, vise à établir un équilibre entre émissions et absorption de carbone d'ici 2050, mais les dernières versions ont soulevé des inquiétudes.
Canopée critique en particulier la dernière version de la SNBC, soumise à une consultation publique, qui prévoit d'augmenter la récolte forestière de plus de 13 % d'ici 2030, entraînant une dégradation du puits de carbone de l'ordre de 11 millions de tonnes d'équivalent CO2 par an.
Cette demande accrue en bois provient à la fois des besoins énergétiques et de l'utilisation du bois comme ressource censée contribuer à la réduction des émissions. L'association souligne que ce choix revient à "sacrifier" les puits de carbone pour des gains immédiats en matière d'émissions, ce qui pourrait s'avérer être une stratégie à court terme, semblable aux biocarburants à base de bois pour l'aviation.
Face à cette crise, Canopée appelle à réduire les prélèvements en bois et à suspendre le développement de projets industriels qui exercent une pression accrue sur nos forêts, en insistant sur l'importance de préserver ces écosystèmes pour un avenir durable.







