L'angoisse des parents face aux récents cas de violences sexuelles dans le périscolaire à Paris, où 132 animateurs ont été suspendus depuis janvier, dont 52 pour des raisons graves, soulève des questions cruciales. Comment protéger efficacement les enfants ? Dans les petites collectivités où les moyens sont limités, quelle stratégie adopter face à ce défi ?
Frédéric Leturque, maire d'Arras et co-président de la commission éducation de l'Association des maires de France (AMF), rappelle : "La taille de la commune n'est pas un obstacle. Même les petites collectivités peuvent mener des actions rigoureuses et collaborer avec les forces de l'ordre et les services sociaux." En effet, des démarches locales peuvent contribuer à la sécurité des mineurs.
Laetitia Bigrel, responsable du service animation de la Communauté de communes des Portes de l'Entre-deux-Mers, a récemment géré des suspicions de gestes inappropriés d'un animateur. "La situation a été d'abord traitée au niveau de la structure, mais le manque de preuves a compliqué le processus. Aucune collectivité n'est totalement à l'abri, mais nous pouvons tous améliorer notre vigilance," indique-t-elle.
"Nous pouvons tous nous préparer à mieux prévenir, mieux repérer et mieux réagir"
Après l'écartement d'un animateur, une enquête administrative a été ouverte. La collectivité s'est engagée à former ses équipes, souvent composées de personnel moins qualifié en matière d'animation. Parallèlement, des actions de sensibilisation sur le respect et le consentement sont prévues, en collaboration avec l'association Colosses aux pieds d'argile.
Une charte en Gironde
Cette préoccupation a incité la CdC à signer la "Charte des organisateurs d'accueils collectifs de mineurs contre les violences sexistes et sexuelles". Initiée par la préfecture de Gironde, elle vise à instaurer une culture de prévention et à faciliter les signalements.
Une étude récente de l'AMF révèle que près de 39 % des accueils périscolaires ne sont pas déclarés, ce qui soulève des questions sur le contrôle des antécédents et des compétences des animateurs. Frédéric Leturque souligne l'importance d'une déclaration systématique pour garantir la qualité et la sécurité des services offerts aux familles.
"Certaines collectivités considèrent cela comme un fardeau, mais c'est un moyen de se protéger et de protéger nos enfants."
Il insiste sur le fait qu'une déclaration obligatoire est une mesure de bienveillance, ouvrant des possibilités de financement grâce à la CAF pour ces services. Le sujet prend toute son ampleur dans le contexte actuel, mettant en lumière la nécessité d’une plus grande rigueur et vigilance dans l’encadrement des mineurs.







