Pour la première fois, les 175 membres du Conseil économique, social et environnemental (Cese) vont élire une présidente. Les candidates en compétition sont Claire Thoury, militante associative, et Dominique Carlac'h, entrepreneure influente.
La séance plénière commence à 14 heures, avec les discours des deux candidates, suivis d'un vote à bulletins secrets. Le résultat de cette élection mettra en lumière la première femme à diriger cette institution aux multiples controverses, qui joue un rôle consultatif au sein de la République française.
Les conseillers du Cese, dont une partie a été renouvelée en avril, représentent diverses organisations : 52 pour les syndicats, autant pour les employeurs, et d'autres pour les associations et la protection de l'environnement.
Agée de 37 ans, Claire Thoury dirige le Mouvement associatif, un réseau regroupant plus de 700.000 associations, environ la moitié des entités en France. Elle bénéficie du soutien de nombreux syndicats, ainsi que d'organismes comme la Mutualité française et l'Union des employeurs de l'économie sociale et solidaire.
Dominique Carlac'h, 57 ans, anciennement vice-présidente du Medef, est à la tête d'un cabinet de consultants. Elle est appuyée par des organisations patronales telles que le Medef et la CPME, ce qui lui confère une influence significative dans ce contexte.
"C'est une élection ouverte et très disputée", déclare Carlac'h, faisant référence aux récents renouvellements au sein du Cese qui laissent place à un éventail de soutiens non déclarés.
Claire Thoury affirme, quant à elle, avoir rassemblé un soutien plus large, notant que certaines organisations, bien que discrètes, ont pris position en sa faveur.
La prochaine présidente du Cese devra faire face aux critiques croissantes sur l'impact et le coût de l’institution, régulièrement remis en question par la commission des Finances de l'Assemblée nationale et la Cour des Comptes. En réponse, environ 70 leaders syndicaux et associatifs ont défendu son rôle dans le dialogue social, soulignant que son coût représente seulement 0,006% du budget national.
En parallèle, certains, comme le député LR Philippe Juvin, ont exigé la suppression du Cese, le qualifiant de dépense superflue par rapport aux défis financiers de l'État.
Le Cese, dont le budget est passé de 44 millions d'euros à 34 millions en cinq ans malgré une inflation dépassant les 15%, a aussi été transformé par une réforme en 2021 qui lui confère le rôle de chambre de la participation citoyenne. Cela a conduit à l'organisation de trois conventions sur des thèmes majeurs tels que le climat et la fin de vie, bien que les résultats tangibles restent limités.
Claire Thoury conteste les critiques sur les 140 avis rendus par l’institution, affirmant : "La divergence constructive doit être assumée car le consensus excessif peut éroder l'impact des prises de position." Un point de vue que partage Dominique Carlac'h, qui note que le consensus du Cese peut parfois manquer de nuances.







