Tous les étudiants peuvent désormais bénéficier d'un repas à un euro dans les restaurants universitaires. Cette annonce a été faite par le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, lors de sa visite à Amiens le 4 mai. Cependant, cette mesure répond-elle réellement aux enjeux actuels des étudiants ? Florian Bertrand, président de la Fédération des Associations Étudiantes Picardes (FAEP), partage son avis.
Bien qu'elle reconnaisse l'importance de cette initiative, la FAEP soulève des doutes. Florian Bertrand s'interroge : "Nous avons une enveloppe limitée à 50 millions d'euros, suffira-t-elle vraiment ? De plus, l'afflux d'étudiants pourrait-il entraîner des difficultés pour le personnel à gérer cette situation ?" Parmi ses préoccupations, la dégradation possible de la qualité des repas est un sujet de débat. Les semaines à venir révéleront comment cette mesure sera mise en œuvre et son impact réel.
L'augmentation de la précarité alimentaire chez les étudiants picards est alarmante, selon Bertrand. À l'Agoraé, épicerie sociale gérée par la FAEP dans le quartier Saint-Leu d'Amiens, plus de 15 000 repas ont été distribués depuis le début de l'année, soit trois fois plus que l'année passée. "Il y a un besoin énorme", s'inquiète-t-il. La précarité des étudiants ne se limite pas à l'alimentation : accès aux soins, à la culture, au sport... tout est touché. "Nous continuerons à demander une réforme des bourses", insiste Bertrand, car les étudiants souffrent cruellement.
Pour la FAEP, une autre réforme provoque une onde de choc : la proposition de multiplier par 15 les frais d'inscription pour les étudiants étrangers hors UE. "C'est une mesure xénophobe", déclare Bertrand. "L'université doit être un lieu d'accueil, et cette décision ferme des portes aux talentueux étudiants non communautaires, qui représentent 40% de nos doctorants, notamment en sciences. Ce n'est pas juste." La FAEP se mobilisera, avec d'autres, le 12 mai pour dénoncer cette mesure et appeler à la fin des coupes budgétaires dans les universités. À Amiens, l'Université Picardie Jules Verne (UPJV) a connu un déficit de près de 10 millions d'euros l'an dernier.







