À Amiens, au restaurant universitaire de Saint-Leu, le lancement officiel du repas à 1 euro pour tous les étudiants a été accueilli avec enthousiasme. Ambre, 19 ans, soulage d'un soupir : "C'est vraiment utile, on mange au Crous tous les midis, tous les jours !" Sa camarade Louna, 20 ans, ajoute : "Cela nous aide surtout en fin de mois, et les repas sont bons et équilibrés. Pour un euro, on a le droit à une entrée, un plat et un dessert." Cependant, elles craignent une affluence trop forte et des temps d'attente prolongés.
Le gouvernement a franchi une étape importante en élargissant cet accès à 36 000 étudiants supplémentaires en Picardie, atteignant ainsi un total de 52 000 bénéficiaires. Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur, a reconnu que l'incertitude règne sur le nombre d'étudiants qui vont réellement profiter de cette mesure, tout en garantissant que le personnel des restaurants ne sera pas surchargé de travail. "Nous ne voulons pas mettre en danger les personnels des restaurants universitaires," a-t-il déclaré.
Pour accompagner cette initiative, le gouvernement prévoit une rallonge budgétaire de 50 millions d'euros en 2026 et de 120 millions d'euros en 2027, comme l'indique Radio France.
Précautions et prévisions
Le lancement en mai a été stratégiquement choisi pour tester le système, alors que la fréquentation des restaurants universitaires est à son plus bas en raison des partiels. Cependant, des craintes subsistent concernant les longues files d'attente. "Nous travaillons avec l'Université de Picardie Jules Verne pour essayer d’optimiser le rythme de passage au self-service et éviter le trop grand engorgement," souligne Laurent Potié, directeur général du Crous Amiens-Picardie.
Inquiétudes des syndicats
Toutefois, les syndicats de travailleurs expriment leur préoccupation face à une possible surcharge de travail pour les agents. "Ça ne fonctionnera pas sans l’ouverture de nouveaux restaurants universitaires et des embauches," avertit Raymond Rivière, secrétaire fédéral à la CFDT. Il déplore que le gouvernement n'ait accordé que 204 embauches à travers la France, alors que 500 seraient nécessaires.
Ce projet ambitieux pourrait engendrer des complications organisationnelles, d'autant plus que les conditions de travail des agents du Crous demeurent préoccupantes, avec un absentéisme avoisinant les 9 % dans certaines régions, comme le souligne les données. Les syndicats et la direction du Crous sont en pourparlers pour trouver des solutions pérennes à ces préoccupations.







