Le tribunal populaire intermédiaire de Shenzhen (TPIS) dresse un bilan encourageant après deux années d'expérimentation de la "justice assistée par intelligence artificielle". Selon un rapport publié la semaine dernière, le système a permis de traiter 50 % d'affaires supplémentaires, justifiant ainsi son déploiement au niveau national.
Pour Kuang Xiaohua, vice-président du TPIS, cette initiative répond à un besoin crucial : "Alors que les discussions se poursuivent sur l'utilisation de l'IA dans la justice, nous apportons une solution concrète", a-t-il déclaré au quotidien Xinlang Toutiao.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : en 2025, chaque juge de Shenzhen a géré en moyenne 744 affaires, soit 249 de plus que l'année précédente. Ce résultat fait des juges de Shenzhen les plus performants de la province du Guangdong, comme le rapporte le South China Morning Post (SCMP).
Un assistant numérique toujours à l'affût
Le TPIS a constaté que le nombre d'affaires traitées par ses juges en 2025 était deux fois supérieur à la moyenne nationale. Le Shenzhen Shangbao souligne que le bilan fait état de 600 000 affaires traitées et de plus de 13 millions de suggestions juridiques émises par le système IA.
"Ce système fonctionne comme un assistant numérique, disponible 24 heures sur 24 pour chaque juge", affirme le journal.
Ce programme intègre divers modules permettant d'analyser et de résumer les éléments de preuve, d'identifier les faits litigieux, et de moderniser les procédures documentaires par des algorithmes intelligents. Confrontée à ce succès, la Cour suprême populaire envisage une application à l'échelle nationale, selon Xinlang Toutiao.
L'impartialité en question
Cependant, des préoccupations persistent quant à l'impartialité du processus. Le SCMP note que, malgré l'utilisation de l'IA, les juges conservent la responsabilité finale de chaque décision. "Il ne faut pas tomber dans l'idée que les machines vont remplacer les juges", précise le quotidien.
Des avocats, comme Hao Yachao, interrogés par le SCMP, restent sceptiques : "L'IA peut être utile, mais elle ne pourra jamais remplacer l'impartialité essentielle d'un juge", souligne-t-elle. Elle redoute également que cette technologie accentue le "caractère mécanique" du travail judiciaire, dans un contexte où la justice est souvent influencée par le Parti communiste dans les affaires sensible.







