L’ancien maire d’Haplincourt, une petite commune du Pas-de-Calais, se trouve en mauvaise posture après avoir été accusé de détournement de fonds publics, avec un montant total estimé à 40 000 euros. Sa compagne, également impliquée, fait face à des accusations de recel.
Michel Flahaut a comparu devant le tribunal d’Arras, ajustant sa garde après avoir initialement minimisé les allégations. Lors de l’audience, il a finalement reconnu les faits, exprimant des regrets, comme l’a rapporté La Voix du Nord. Anciennement en lice aux municipales de mars dernier, il avait suggéré que les accusations étaient le fruit d’une cabale orchestrée par ses opposants.
Six factures pour un total de 22 356 euros
L’affaire débute au début de l’année 2024, lorsque la secrétaire de mairie découvre une facture suspecte, émise en dehors des procédures habituelles. L'association mentionnée est fictive et ses coordonnées incorrectes. Alerté, l’ex-maire a tenté d’étouffer l’affaire en créant une structure imaginaire avec l’aide d’un ami. Comme l’a précisé la substitut du procureur : "Il a été pris la main dans le sac. On ne peut pas vraiment parler de repentir ici !"
L’enquête a mis au jour six factures frauduleuses totalisant 22 356 euros, liées à des travaux dont la nécessité était parfois contestée. Les fonds illégaux ont été transférés à travers des comptes associatifs, y compris celui de sa compagne, qui est infirmière. De plus, l'ex-maire a été soupçonné d’utiliser les cartes de ces organismes pour ses dépenses personnelles, allant des courses alimentaires aux bijoux.
Le parquet a fait savoir que Michel Flahaut "se servait dans toutes les caisses dont il avait la gestion pour améliorer le train de vie du couple et alléger des contraintes financières, notamment en remboursant un prêt immobilier".
La compagne n’aurait rien remarqué
Le montant total des infractions représenterait environ 40 000 euros, selon les médias locaux. La compagne, pour sa part, défendait son incapacité à remarquer les flux financiers suspects. "Des sommes de 2 000 à 3 000 euros, ça se voit !", soutient la défense, plaçant un doute sur sa complicité.
Le parquet a requis des peines avec sursis : 12 mois pour l’ancien maire et 10 mois pour sa compagne, ainsi que des amendes et l’interdiction de gestion. Le jugement a été mis en délibéré jusqu'au 2 juin.







