Au tribunal de Bayonne, l’affaire d’un agriculteur d’Iholdy met en lumière les tensions croissantes entre les pratiques pastorales et la sauvegarde de la biodiversité. Le litige concerne un écobuage réalisé en février 2025, soupçonné d’avoir endommagé le dernier dortoir local du vautour percnoptère, une espèce menacée.
Pour l’accusation, l’incendie allumé le 20 février dans une zone boisée a mis en danger les arbres qui jouent un rôle crucial pour le **Vautour percnoptère**. Cindy Garrondo, de l’association Nature Occitanie, explique : "Chaque perturbation de cet habitat peut entraver leurs chances de reproduction". La population de vautours percnoptères, qui s’élevait à 45 couples en 2013, est tombée à seulement 29 en 2022. L’association réclame 3 500 euros de dommages et intérêts, une somme qualifiée de symbolique.
Défense de la biodiversité contre pratique ancestrale et encadrée
En soutien à l’agriculteur, une cinquantaine d’élus locaux, dont le maire d’Iholdy, Beñat Cachenaut, s'est rassemblée devant le tribunal. Il insiste sur l'importance de l'écobuage, affirmant : "Sans cette pratique, la montagne ne pourra rester ouverte". Selon lui, la présence régulière des vautours témoigne que ces brûlis n’impactent pas durablement l’environnement.
Une défense qui conteste les faits
L’avocat de l’agriculteur, Grégory Casadebaig, conteste les accusations, accusant le dossier de manquer de preuves tangibles. Il évoque l'absence d'interdiction d'écobuage sur la parcelle : "S’il y avait eu une interdiction, cet écobuage n'aurait pas eu lieu". Il précise également que l'incendie a été allumé avant l'arrivée des oiseaux migrateurs, respectant les consignes environnementales. La procureure a requis une peine d'emprisonnement avec sursis de cinq ans, ainsi qu'une interdiction d'exercer des fonctions publiques pour la même durée. Le verdict sera prononcé le 28 mai.







