Environ un quart de siècle après le début de son classement, Reporters sans frontières (RSF) dénonce un niveau alarmant de la liberté de la presse dans le monde, exacerbé par les conflits armés et le durcissement des régimes politiques.
« Pour la première fois depuis 2002 », plus de la moitié des nations (94 au total) se trouvent dans une situation qualifiée de "difficile" ou "très grave", une nette augmentation par rapport aux 13,7 % de l'époque. Les chiffres évoqués par RSF indiquent que la proportion de la population vivant dans des pays où la liberté de la presse est considérée "bonne" a chuté de 20 % à moins de 1 %. Récemment, la France a obtenu la 25e place, avec une "situation plutôt bonne".
Les États-Unis, marqués par un recul de sept positions se maintenant à la 64e place, souffrent de l'hostilité croissante envers les médias, notamment lors de l'administration de Donald Trump. Mario Guevara, un journaliste salvadorien connu pour sa couverture des arrestations de migrants, a récemment été détenu et expulsé pour avoir dénoncé des abus.
Entraves au journalisme et dégradations alarmantes
Anne Bocandé, directrice éditoriale de RSF, a exprimé que "les attaques contre les journalistes prennent de nouvelles formes", indiquant non seulement des décès tragiques mais aussi des pressions économiques et légales. La situation au Salvador, où le pays a chuté au 143e rang, illustre ces défis exacerbés par une guerre continue contre des gangs criminels.
Un cas particulièrement frappant est celui de l'Arabie saoudite, qui a récemment exécuté le chroniqueur Turki al-Jasser, se plaçant parmi les pires pays en matière de liberté de la presse. RSF fait état d'une similarité inquiétante avec des pays comme la Russie, l'Iran et la Chine, eux aussi en bas de classement, tandis que la Syrie montre des signes d'amélioration insignifiants.
Procédures-bâillons et lois restrictives
RSF souligne l'impact des lois de sécurité nationale et des attaques en justice qui visent à décourager le journalisme. Ces "procédures-bâillons" sont souvent utilisées pour intimider les journalistes. Le cas de José Rubén Zamora, fondateur de El Periodico au Guatemala, incarne cette tendance où les journalistes souffrent d'une répression sévère pour dénoncer la corruption.
Si des outils existent, comme le règlement de la Commission européenne pour la liberté dans les médias, le défi reste immense. Anne Bocandé conclut : "Les lois criminalisent de plus en plus les journalistes”.







