Alors que le gouvernement approche de la fin de son "trimestre anti-inflation", Alain Bazot, président de l'UFC-Que Choisir, exprime de vives réserves sur ce dispositif censé contenir l'augmentation des prix alimentaires.
Une augmentation sans précédent des prix alimentaires
Alain Bazot souligne : "Au cours de la dernière année, les prix de l’alimentation ont grimpé de 16%. Bien que des hausses passées aient été observées, telles que celles des années 2008 en raison de la flambée des cours du baril, jamais je n'ai constaté une telle situation en 20 ans de présidence à l'UFC."
L’impact de l'inflation sur les habitudes alimentaires
Répondant à la question de l'évolution des comportements alimentaires : "Les consommateurs des classes aisées continuent leurs achats comme auparavant, tandis que les classes moyennes subissent une paupérisation. Les petits revenus, notamment les jeunes et les étudiants, se tournent vers les banques alimentaires et soupes populaires, illustrant une réalité inquiétante qui ne semble pas s'améliorer. Malgré les prévisions d'un pic prochain, la situation demeure tendue."
Critique du trimestre anti-inflation
Alain Bazot critique sévèrement le dispositif : "Nous sommes sceptiques face à cette initiative. Son manque d'encadrement semble favoriser plus les grandes surfaces que les consommateurs. Les enseignes en profitent pour promouvoir massivement leurs marques propres, souvent éloignées des recommandations nutritionnelles. Ce phénomène, combiné à une absence de contrôle, soulève des interrogations quant à l'efficacité de ce programme contre la hausse des prix."
En matière de prévisions économiques : "Le ralentissement de l'inflation ne doit pas induire en erreur ; cela signifie simplement que les prix continuent d’augmenter, mais à un rythme moins rapide. Les impacts des changements dans les prix des matières premières ne se répercutent pas instantanément sur les prix au consommateur."
En ce qui concerne la guerre en Ukraine : "Bien que ce conflit ait provoqué des fluctuations de l'offre, il ne justifie pas à lui seul l'ensemble des hausses observées. La spéculation joue un rôle non négligeable sur les marchés."
Marge des produits alimentaires : opacité et conséquences
Alain Bazot attire l'attention sur un point crucial : "La France compte un Observatoire des prix et des marges des produits alimentaires, mais son efficacité est entachée par le manque de transparence des distributeurs. La loi EGalim de 2018, en fixant un seuil de revente à perte, complique davantage la situation, entraînant une augmentation systématique des prix, notamment ceux considérés comme abordables.">
Les conséquences pour les consommateurs sont notables : "Cette loi, amplifiant les marges, affecte surtout les produits de première nécessité, ce qui fragilise encore plus les foyers à faibles revenus. La concurrence est entravée, ce qui ne peut qu'empirer la situation des consommateurs."
Ses grandes dates
27 mai 1959 : Naissance à Migennes (Yonne).
1977 : Engagement à l'Union fédérale des consommateurs Que Choisir.
1984-2006 : Enseignant en droit public à l'université de Bourgogne.
2003 : Élection en tant que président et directeur des publications de l'UFC-Que Choisir.
2005 : Obtention d'une condamnation pour entente illégale à l'encontre d'opérateurs de téléphonie mobile.
2007 : Publication de Consommateur, si tu savais….
2014 : Première action de groupe de consommateurs en France contre une entreprise.







