La France a annoncé des avancées significatives lors de la première journée du G7 consacré à l'environnement à Paris. Le pays a choisi d'éviter de confronter directement les États-Unis sur les enjeux climatiques, pour favoriser un climat de coopération.
Monique Barbut, ministre française de la Transition écologique, a exprimé sa satisfaction en signalant que les sept textes en cours d'examen devraient recevoir l'approbation. "Nos discussions ont été productives, et les États-Unis se sont montrés constructifs", a-t-elle déclaré lors d'une promenade en forêt de Fontainebleau.
Tout en soulignant l'importance de l'environnement, elle a néanmoins reconnu que cette question ne semblait plus être une priorité mondiale, lors de son discours d'ouverture aux côtés de représentants d'autres grandes puissances et des pays organisateurs des prochaines COP sur la désertification et la biodiversité.
La France a établi cinq priorités pour les débats : le financement de la biodiversité, la préservation des océans, la sécurisation des ressources en eau, la connexion entre la désertification et la sécurité, ainsi que la résilience face aux risques naturels. Selon Barbut, bien que ces thèmes soient tous liés au réchauffement climatique, les aborder frontalement aurait pu heurter les États-Unis.
"Si j'avais abordé la question de manière directe, cette rencontre n'aurait pas eu lieu", a-t-elle affirmé. Parallèlement, la sortie des énergies fossiles est restée un sujet sensible, même s'il a été discuté lors d'une récente réunion internationale en Colombie. Gaïa Febvre, du Réseau Action Climat, a regretté que le sommet ne prenne pas en compte l'ensemble des crises contemporaines.
L'absence d'une forte représentation des États-Unis au sommet a été palpable, sa déléguée étant Usha-Maria Turner, une responsable de deuxième niveau à l'Agence de protection de l'environnement. Cette situation reflète le désintérêt des États-Unis pour les mesures environnementales, suite au retrait du pays de l'Accord de Paris pendant la présidence de Donald Trump.
Cependant, la France a lancé une initiative, l'"alliance pour le financement de la nature et des peuples", visant à mobiliser des fonds pour la biodiversité. Un engagement d'environ 600 millions d'euros pour 22 pays africains d'ici le prochain sommet du G7 a été évoqué, avec une contribution notable de fondations privées comme celle de Rob Walton, héritier de Walmart.
Jean Burkard, directeur du plaidoyer au WWF France, s'est réjoui de la place accordée au financement de la biodiversité tout en mettant en garde contre un éventuel désengagement des États dans d'autres domaines.







