Dans le milieu carcéral, un nouveau mode de trafic a émergé : les drones, capables de livrer des téléphones, de la drogue et d'autres objets interdits directement aux fenêtres des cellules. En 2025, les autorités ont recensé plus de 2 000 livraisons illégales, représentant une augmentation alarmante par rapport à l'année précédente. Cette enquête se concentre sur le centre pénitentiaire de Beauvais, dans l'Oise.
Ce texte est issu d'une retranscription d'un reportage proposé par France Télévisions. Visionnez la vidéo pour en savoir plus.
Une scène impressionnante se déroule à Lille : un drone survole la prison, lâchant un colis coloré à l'intérieur des murs. Les autorités voient ce phénomène se répéter, rendant leurs efforts de contrôle d'autant plus complexes. Ce fléau oblige les forces de l'ordre à intensifier leur vigilance.
Durant une patrouille nocturne à Beauvais, une équipe de police est alertée d'une activité suspecte : un drone survolant le périmètre. En contact constant avec le centre pénitentiaire, les policiers partent à la recherche du pilote. Malheureusement, après des recherches infructueuses, ni le drone ni son opérateur ne peuvent être localisés.
Plus de 2 000 livraisons effectuées dans des prisons en France en 2025
La nuit se poursuit avec une vigilance accrue. Les policiers restent en alerte, cherchant le moindre comportement atypique. Une policière explique que : "L'absence d'informations nous rend la tâche difficile. Il faut s'armer de patience et être attentif aux signaux". Son collègue ajoute : "C'est un peu comme de la chasse, où nous devons attendre l'apparition de notre cible".
Les images diffusées par les malfaiteurs sur les réseaux sociaux montrent à quel point ces opérations sont audacieuses. Les détenus parviennent à saisir les livraisons en quelques instants, avec l’aide d’un simple bâton pour récupérer le colis. Les vidéos témoignent de la rapidité de ces livraisons.
Les trafiquants utilisent de plus en plus des drones avancés qui leur permettent de se rapprocher des établissements pénitentiaires. Des agents de la police de Beauvais signalent avoir récemment arrêté un droniste pris en flagrant délit à proximité de la prison : "Ils savent où se placer pour maximiser leurs chances de livraison", explique une agente.
Le gouvernement alloue une enveloppe d'un million d'euros pour lutté contre cette menace
Malgré la présence des forces de l'ordre, les détenus avertissent rapidement leurs complices de l’approche des policiers. En 2025, une centaine de livraisons a eu lieu à Beauvais, entraînant l'interpellation d'environ 40 individus. Une vingtaine de drones ont également été saisis, stockés dans les locaux du commissariat.
Les équipements employés par les dronistes dévoilent une sophistication inquiétante. "Ces drones de haute technologie peuvent transporter des charges lourdes, rendant leur utilisation particulièrement efficace pour les trafics de téléphones et de stupéfiants," souligne Jérémy Inard, chef de la Police nationale à Beauvais. A la lumière de cette menace croissante, le ministre de la Justice a récemment annoncé le déblocage d'un million d'euros pour renforcer les dispositifs de lutte contre les drones dans les prisons.







