Dans la région du Vimeu, au cœur de la Somme, une douzaine d'agriculteurs a décidé de relever le défi de diminuer leur recours aux pesticides. En ce début de printemps, alors que le blé germe dans les champs, Frédéric Richard prend le temps d'évaluer la situation avec son conseiller agronome. "Pour l'instant, nous n'avons pas besoin d'appliquer de régulateurs. Les feuilles sont en bonne santé, et il n'est pas question d'utiliser des fongicides", explique-t-il.
Pour l'instant, aucune utilisation de produits phytosanitaires n'est envisagée. Selon Richard, l'absence de traitements représente un véritable dilemme. "Nous sommes convaincus que cette approche peut fonctionner, mais cela implique des choix difficiles sans aucune garantie. Nous assumons entièrement ces décisions", précise-t-il, soulignant la responsabilité qui pèse sur ses épaules.
En ce moment, Frédéric Richard et ses collègues parviennent à réduire leur utilisation de produits phytosanitaires de près de 20 % en dessous de la moyenne régionale. Ils adhèrent aux recommandations du groupe DEPHY dont l'objectif est d'innover dans les pratiques agricoles. "Nous choisissons de ne pas semer avant le 15 octobre pour limiter la prolifération des mauvaises herbes et optons pour des variétés de cultures plus résistantes", détaille-t-il.
Vers une réduction significative des pesticides
Ces agriculteurs visent une réduction de 50 % des produits phytosanitaires, un défi qui pourrait s'avérer complexe. "Passer de 20 % à 50 % représente un challenge en termes de rendement et cela nécessitera une décennie d'efforts", affirme Jérôme Tellier, conseiller à la chambre d'agriculture de la Somme.
Frédéric Richard a commencé sa démarche de réduction en 2010. Bien qu'il reconnaisse la nécessité des pesticides, il insiste sur les dangers que cela représente. "Nous ne sommes pas en train d'être naïfs ; certains produits présentent des risques. Nous sommes les premiers exposés à leur nocivité, mais ils restent indispensables à notre activité", conclut-il. Il entend continuer ses efforts pour promouvoir une agriculture diversifiée, mêlant culture et élevage, tout en minimisant l'usage de pesticides.
Reportage de Grégoire Alcalay, Clémence Rousseau et Pierre-Olivier Pappini / FTV







