Ce jeudi 23 avril, près d'une centaine de personnes se sont rassemblées devant le site Stellantis de Borny, à Metz, pour exprimer leurs craintes concernant l'avenir de leurs emplois. Parmi eux, des ouvriers, des intérimaires et des prestataires, inquiets suite à la reconversion récente du site de Poissy dans l'Île-de-France.
Déjà, Didier, un ouvrier portant le gilet rouge de la CGT, témoignait de son inquiétude tout en se réjouissant autour d'un barbecue organisé par le syndicat. L'ouvrier cariste, venu de Trémery, a exprimé son malaise : "C’est une véritable saignée." La direction a récemment annoncé que l'usine de Poissy, un pilier de l'industrie automobile, cessera toute production de voitures d'ici 2029, se tournant vers la fabrication de pièces détachées. Cette décision pourrait entraîner la suppression de 500 postes, laissant 1 000 emplois incertains sur les 1 500 actuels, selon une source proche du dossier de Stellantis.
"Ce groupe veut à tout prix rentabiliser, et tout ça au détriment des salariés," a dénoncé Didier, inquiet pour son poste, mais aussi pour ceux de ses collègues intérimaires et travaillant pour des prestataires. "Chaque emploi perdu dans une usine comme celle-ci représente en réalité trois pertes indirectes," a-t-il ajouté. Les effets économiques sont déjà visibles, avec des prestataires et fournisseurs potentiellement affectés.
Les prestataires et intérimaires en première ligne
Au sein de ce rassemblement, Julien, un employé de la société de nettoyage Onet, partageait son désarroi. « Le métier du nettoyage est souvent oublié, c'est un travail invisible», a-t-il regretté. Cela fait maintenant dix ans qu'il nettoie dans l'usine Stellantis de Metz. Il a mentionné une protection dans son contrat, mais se rend compte que si l’usine ferme, sa situation deviendrait précaire : « Onet n’a pas les moyens de nous rediriger vers un nouveau chantier en Lorraine. »
Il a ajouté : "Les prestataires, c'est le premier budget touché dans une société. Lorsque des coupes doivent être faites, on commence par diminuer le nettoyage. Il est plus simple de s'en séparer que de réduire le nombre de salariés permanents." Une collègue présente, travaillant sur le site de Trémery depuis 2005, a confirmé que les effectifs avaient drastiquement chuté, passant de 20 femmes à seulement 7 dans son équipe.







