Ce samedi, plusieurs milliers de personnes s'étaient rassemblées à Saint-Denis pour dénoncer le racisme, sous l'égide du nouveau maire Insoumis, Bally Bagayoko. Dans une atmosphère festive et mobilisée, ce dernier a annoncé une nouvelle journée de mobilisation prévue le 3 mai à Paris.
Victime d'une campagne de dénigrement depuis sa victoire au premier tour le 15 mars, Bagayoko a pris la parole pour dénoncer "l'irresponsabilité d'une partie des médias qui encouragent le racisme". Proclamant un prochain rassemblement, le député de Seine-Saint-Denis, Eric Coquerel, a également confirmé cet appel sur X.
Environ 6 000 participants étaient présents devant la mairie, sans incidents notables selon les forces de l'ordre. Le maire a encouragé la foule à scander "Résistance! Résistance!", s'appuyant sur le soutien de nombreux syndicats et figures politiques de gauche, parmi lesquels Jean-Luc Mélenchon et Mathilde Panot.
Bagayoko a affirmé avec force : "Nous n'avons pas peur de l'extrême droite. La lutte contre le racisme est cruciale et nous vaincrons. Nous sommes la France!" Le rassemblement a trouvé son point culminant avec un vibrant chant de la Marseillaise.
"Le racisme est un délit, pourtant, beaucoup en font une opinion", a regretté Karim, fonctionnaire de 52 ans. Jean-Luc Mélenchon a, quant à lui, dénoncé une "vague de racisme écœurante" émanant des élites politico-médiatiques.
Des propos inappropriés ont été tenus sur M. Bagayoko dans les médias récemment, comparant l'élu à des "grands singes". Ces déclarations ont déjà entraîné l'ouverture d'une enquête par le parquet de Paris, suivant une plainte déposée par le maire, alors que la chaîne en question conteste avoir diffusé des propos racistes.
Malgré la présence de certains élus socialistes, comme Stéphane Troussel, les tensions demeurent palpables entre LFI et le PS. Aly Diouara, maire de La Courneuve, a soutenu que le PS devait "se ressaisir ou dégager".
Pour Sara, jeune avocate de 26 ans, la situation actuelle témoigne de la méfiance ressentie envers certains membres du PS, soulignant que même si des élus sont présents, leurs actions passées sont problématiques.
Bally Bagayoko a exprimé son inquiétude concernant le silence de l'État face au racisme, regrettant l'absence de la ministre déléguée Aurore Bergé à la manifestation, bien qu’elle ait montré son soutien par téléphone. En revanche, Edouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale, a défendu l'absence des ministres, arguant que leur place n'est pas lors de rassemblements citoyens, mais dans la lutte pour l'égalité et contre les discriminations.
À une distance de 800 kilomètres, des tags ayant pour contenu des appels à la "remigration" de M. Bagayoko et d'autres députés LFI ont été découverts à Bagnères-de-Bigorre, incitant la mairie à porter plainte.







