Le 31 mars, le Sénat français a adopté une loi interdisant l'accès aux réseaux sociaux pour les enfants de moins de 15 ans. Cette mesure, jugée insuffisante par certains, est critiquée par Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre de l'Éducation nationale, qui appelle à des actions plus fermes. Dans son ouvrage intitulé Sevrage numérique (Tallandier), elle souligne l'urgence d'une régulation visant à endiguer la dépendance des jeunes aux écrans.
D'après plusieurs études, il est alarmant de constater que près de 90 % des adolescents possèdent aujourd'hui un smartphone, un chiffre en forte augmentation par rapport à dix ans. Les réseaux sociaux exploitent des algorithmes créés pour maintenir l'attention des utilisateurs, souvent en suscitant des émotions négatives.
Vallaud-Belkacem met également en lumière la nécessité d'une réglementation visant à limiter l'accès des jeunes aux écrans, allant au-delà des simples restrictions d'âge. « Nous avons besoin d'une approche qui prenne en compte l'ensemble des utilisateurs et non seulement les mineurs », affirme-t-elle lors de son entretien. Un avis partagé par d'autres experts, qui mettent en garde contre la puissance des GAFAM dans cette dépendance numérique.
« À l'échelle d'une vie, le temps consacré aux écrans représente vingt-sept années. »
Les politiques, malgré une prise de conscience croissante autour des dangers des réseaux sociaux, peinent à instaurer des mesures concrètes. Le dialogue sur la régulation est entamé, comme le montre la saisine récente de la justice par le ministre de l'Éducation, accusant TikTok de problème de santé mentale.
Najat Vallaud-Belkacem appelle à un engagement sérieux des pouvoirs publics pour agir efficacement contre ces plateformes. En s'inspirant de modèles à l'étranger, comme le Brésil, qui a bloqué certains contenus nuisibles, elle soutient que des mesures peuvent être mises en place pour protéger les utilisateurs. Les choix se situent au niveau de la législation, en transformant le statut des plateformes pour qu'elles deviennent responsables de leurs contenus.
Il est également crucial d'éduquer les adultes à un usage raisonné des écrans afin de montrer l'exemple aux jeunes générations. Cela passe par l'accès à la culture, la création de lieux de rencontre et de divertissement sans écrans. « Ce n'est pas qu'une question de contrôle, c'est un enjeu sociétal », conclut-elle.







