Après trois ans de succès, la Caisse alimentaire commune de Montpellier lance un nouvel appel à participation pour étendre son dispositif. L'objectif est clair : faire de l'alimentation un droit universel, tout en renforçant un modèle encore dépendant de subventions publiques.
Et si faire ses courses était aussi un acte de solidarité ? C'est le défi relevé par la Caisse alimentaire commune, qui permet à chacun de mieux manger, indépendamment de ses revenus. Lancée en 2022, l’initiative souhaite aujourd'hui passer à la vitesse supérieure. Actuellement, 500 foyers participent au projet, mais l’ambition est d'atteindre entre 800 et 900 cotisants d'ici la fin de l'année.
50 % des participants vivent sous le seuil de pauvreté
Le concept repose sur un principe d’entraide : chaque participant cotise selon ses moyens et reçoit une somme mensuelle en MonA, soit une monnaie alimentaire, utilisable dans un réseau de commerces partenaires, incluant des magasins tels que Biocoop et La Cagette. "L’objectif est de faire de l’alimentation un sujet démocratique, un droit universel", déclare Pauline Scherer, sociologue impliquée dans le projet.
Les contributions révèlent cette approche solidaire. "Une famille monoparentale avec deux enfants gagnant 1 800 euros cotise 55 euros pour recevoir 180 euros en MonA, tandis qu’un couple avec un revenu de 5 000 euros cotise 300 euros pour 220 euros", précise Killian, un membre salarié de la structure.
Actuellement, 25 % des cotisants proviennent des strates de revenus les plus élevées ; toutefois, les ménages les plus précaires sont sur-représentés. "50 % des participants vivent sous le seuil de pauvreté, contre 19 % dans la métropole", précise une membre du comité citoyen. Cela confère au projet une dimension sociale immédiate, promouvant un accès à une alimentation de qualité.
"Aujourd'hui, je choisis une nourriture meilleure pour mes enfants, alors qu'avant, ce n'était pas possible", témoigne Samira, 53 ans, active dans le développement d'une monnaie numérique intégrée au système. La volonté va au-delà de la simple aide ; il s’agit également de soutenir les producteurs locaux et de favoriser les circuits courts, rendant ainsi l’approvisionnement plus durable.
Un fonctionnement encore expérimental
Les candidatures pour rejoindre la caisse sont sélectionnées au hasard, en tenant compte de critères de quartier et de catégorie sociale pour renforcer la diversité. Cependant, le modèle reste encore expérimental, surtout concernant la viabilité économique.
Actuellement, près de 50 % du budget de la caisse provient de subventions publiques, incluant le soutien de la Ville, de la Métropole de Montpellier, du Département de l'Hérault et de la Région Occitanie. Un défi pour les promoteurs du projet, qui espèrent fortifier ce modèle solidaire à long terme.
Pour l'heure, l'enjeu est évident : faire connaître cette initiative et l'ouvrir à davantage de résidents. En filigrane, se dessine une ambition plus vaste : réformer l'accès à l'alimentation pour qu'il devienne un droit véritablement accessible à tous.







