Rapprochements du PS avec LFI au second tour : une conditionnalité en débat

Le PS impose des conditions à tout rapprochement avec LFI après des tensions récentes.
Rapprochements du PS avec LFI au second tour : une conditionnalité en débat
©Sébastien DUPUY, AFP - Le secrétaire général du PS Pierre Jouvet lors d'une conférence de presse à Paris, le 26 janvier 2026

Le Parti socialiste (PS) a récemment établi des conditions précises quant à un potentiel rapprochement avec La France Insoumise (LFI) lors du second tour des élections municipales. Le PS demande notamment aux insoumis de prendre position contre "la violence politique" suite à l'agression mortelle du militant nationaliste Quentin Deranque, un événement qui a marqué le paysage politique français.

Pierre Jouvet, secrétaire général du PS, a expliqué à l'AFP : "Comme au premier tour, il n’y aura pas d’accord national avec LFI." Cette déclaration intervient alors que le mouvement de Jean-Luc Mélenchon a été mis en défaut par l’enquête impliquant plusieurs proches du député insoumis Raphaël Arnault. Jouvet a précisé que, dans des situations rares où des candidats insoumis voudraient rejoindre des listes d'union au second tour, ils devront clarifier leur position sur la violence politique.

En cas de rejet de ces conditions, "ils ne peuvent pas espérer d'accord avec nous", a insisté Jouvet. Cette proposition n'a pas suscité de réaction favorable du côté de LFI. Manuel Bompard, coordinateur du mouvement, a exprimé son incompréhension sur les accusations de violence dues au passé des insoumiens.

Alors que la direction de LFI refuse de rompre tout lien avec Raphaël Arnault, le PS se voit contraint de se positionner vis-à-vis d'éventuelles alliances, suscitant des réactions variées au sein de son propre parti. Olivier Faure, chef des socialistes, a jugé le sujet "indécent", tandis que des figures emblématiques comme François Hollande ont appelé à éviter tout arrangement avec LFI.

"Ces accords n'ont pas eu lieu lors du premier tour et ne sont pas souhaités pour le second par les intéressés eux-mêmes. Pour moi, la question est close", a martelé Faure. Un cadre socialiste a également précisé que ces rapprochements n'auraient pas lieu puisque les Insoumis ne se conformeraient pas aux attentes du PS.

Critiquant le Parti socialiste pour son opportunisme, le patron des Républicains, Bruno Retailleau, a dénoncé ce qu'il qualifie de "tartufferie" de la part du PS, mettant en avant leur volonté de récupérer des voix face à un électorat insoumis.

Dans certaines communes, comme Toulouse et Marseille, les listes de gauche pourraient avoir besoin des voix des électeurs LFI pour remporter la victoire. Les règles électorales exigent qu'une liste soit maintenue au second tour si elle obtient au moins 10 % des voix au premier. Un récent sondage Ifop suggère que la gauche a des chances de gagner à Toulouse si le PS fusionne avec LFI au second tour.

À Marseille, Benoît Payan, maire de gauche, a déjà proposé de se désister au profit d’un candidat LFI s'il était en tête au premier tour, incitant ainsi les Insoumis à faire de même. Le PS semble donc vouloir à la fois capter l'électorat insoumis tout en mettant la pression sur eux, les rendant ainsi potentiellement responsables de l'échec des alliances de gauche dans certaines villes.

Une opportunité de montrer leur bonne volonté à leurs autres partenaires de gauche, tels que les Écologistes et les communistes, qui, pour certains, ont déjà mis en place des accords avec LFI. À Limoges, par exemple, la gauche est segmentée entre une liste PS-PCF-Place Publique et une liste LFI-Écologiste, mais pourrait réussir si un rassemblement au second tour se produit. Cependant, l'ombre de l'agression meurtrière de Deranque reste un élément perturbateur pour l'avenir des alliances, selon le socialiste Thierry Miguel.

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