Dans un climat électoral où la sécurité est devenue la préoccupation principale des citoyens, la question de l'armement des policiers municipaux, soutenue par les agents eux-mêmes, soulève de moins en moins de controverses.
Les derniers sondages révèlent que la sécurité occupe la première place des thématiques essentielles pour les élections des 15 et 22 mars, et Thierry Colomar, président de la Fédération nationale des policiers municipaux de France (FNPMF), affirme que "l'insécurité n'est pas simplement une impression".
Face à l'augmentation du narcotrafic, il est observé une redistribution des zones de délinquance, touchant notamment les petites communes dépourvues de caméras de sécurité. Les dealers, selon Colomar, n'hésitent pas à se servir de leurs armes pour s'imposer.
Ce contexte a conduit à une acceptation croissante de l'idée d'armer les policiers municipaux, contrairement aux débats enflammés qui avaient marqué les élections de 2020.
En France, plus de 28 000 policiers municipaux évoluent dans environ 4 500 communes, un chiffre quasiment doublé depuis 2012. Selon le ministère de l'Intérieur, ces agents représentent environ 80% de la population nationale. Ils ont le droit de porter des armes létales, ainsi que d'autres équipements comme des bombes lacrymogènes et des tasers.
Comme le précise un rapport sénatorial récent, "l'armement de la police municipale, qui semblait historiquement contesté, est désormais perçu comme une nécessité par de nombreuses municipalités". En effet, 83% des polices municipales sont armées d'ici 2023, une augmentation significative par rapport aux 65% en 2016.
A noter, Paris demeure une exception : les plus de 2 200 policiers municipaux y restent non armés. Cela est expliqué par la mairie comme étant en faveur d'une approche centrée sur la proximité plutôt que sur l'intervention.
Au sein du paysage politique, les propositions en faveur de l'armement abondent, venant surtout des candidats de droite, tels que Pierre-Yves Bournazel, Rachida Dati et Thierry Mariani. À l'opposé, Emmanuel Grégoire, représentant de l'aile gauche, s'oppose fermement à cette idée, considerant que les missions de la police municipale ne justifient pas un tel armement.
Les agents eux-mêmes expriment largement ce besoin d'être armés. Jean-Paul Jeandon, maire de Cergy, souligne qu'ils souhaitent être protégés et être capables de protéger le public lors de leur intervention. Stéphane Poupeau, policier à Tours, complète : "Avoir une arme à la ceinture, ça rassure durant les interventions nocturnes".
Sofyan El Belqasmi, responsable de la police municipale à Saint-Denis, défend avec force que l'armement est essentiel pour établir une police municipale digne de ce nom.
Tous les policiers municipaux se soumettent à une formation obligatoire de 120 jours, dont 183 jours pour les encadrants, axée sur le maniement des armes, enseignée par des formateurs issus de la police nationale et de la gendarmerie. Selon Thierry Colomar, les exercices de tir sont aussi rigoureux que ceux des unités d'élite comme le GIGN.
Notons que l'armement en tant qu'attrait pour les candidats reste un enjeu crucial, alors que 4 500 postes de policiers municipaux demeurent vacants. Jean-Paul Jeandon a reconnu des difficultés à recruter pour la brigade de nuit de Cergy jusqu'à ce qu'elle soit armée.







