Une semaine marquée par des tensions pour l'avenir politique de Marine Le Pen. L'ancienne candidate présidentielle s'est longuement expliquée devant le tribunal au sujet de l'affaire des assistants parlementaires européens, tentant de défendre des pratiques jugées problématiques.
En raison de sa condamnation pour détournement de fonds publics, Marine Le Pen se retrouve actuellement inéligible et ne peut pas envisager une candidature à la présidentielle. Ainsi, le procès en appel sur l'affaire des assistants parlementaires représente un enjeu crucial pour son avenir politique.
La justice reproche à Marine Le Pen, alors présidente du FN, ainsi qu'à plusieurs membres de son équipe, l'embauche de collaborateurs parlementaires qui, en réalité, œuvraient pour le parti plutôt que pour le Parlement européen, ce qui contrevient à la réglementation. Cette situation pose la question de l'intentionnalité des actes reprochés.
absence d'intention criminelle
Pour sa défense, Marine Le Pen a relevé que juger de la réalité du travail d'un assistant parlementaire reviendrait à porter atteinte à l'indépendance des élus, et donc à la séparation des pouvoirs. Cette stratégie de défense inclut également l'argument selon lequel le règlement intérieur du Parlement n’est pas suffisamment clair, bien qu'il stipule que les assistants doivent travailler à Bruxelles.
En conséquence, Le Pen invoque l'absence d'élément intentionnel, arguant que les eurodéputés du RN n'avaient pas pour but de ne pas respecter le règlement. Cette défense a été éprouvée lors d'une déclaration à la barre, où elle a insisté sur son ignorance des manquements qui lui sont reprochés.
des heures de témoignages
Marine Le Pen a passé plus de 12 heures à tenter de convaincre les juges, soutenant que tout ceci découle d'un manque de clarté et de contrôle au sein du Parlement européen. Elle a répété à maintes reprises qu'elle n'avait donné aucune instruction à ses eurodéputés sur les personnes à embaucher, tout en se reconnaissant peut-être complice d'une certaine désorganisation au sein du parti.
Son avocat historique, Rodolphe Bosselut, a reconnu que ce procès s'est déroulé dans des conditions « un peu meilleures » que la première instance, mais sans certitude sur l'issue favorable du jugement. Si Marine Le Pen a ressenti une écoute, la décision finale des juges reste à déterminer.
témoignages embarassants
Avant elle, Julien Odoul, ancien assistant parlementaire, également sur la sellette, a avoué avoir eu des échanges approximatifs avec la présidente du RN, ajoutant que son contrat ne lui avait pas permis d'effectuer un travail souterrain, confirmant ainsi des propos similaires entendus plus tôt.
« Si j’avais eu du travail, je l’aurais fait », a-t-il lâché, semblant peu assuré.
Louis Aliot, un autre membre éminent du RN, a également affiché un comportement timide face à la présidente du tribunal. Il a évoqué un « grand désordre » au sein du parti après les élections de 2014, tentant d'expliquer l'absence de travail réel de son assistant payé par des fonds publics.
« C’est un tort » a-t-il admis, naviguant entre excuses et justifications.
Finalement, la semaine à venir devrait être tout aussi décisive, avec des témoignages ultérieurs qui pourraient enrichir ce dossier déjà complexe. Catherine Griset, ancienne assistante de Marine Le Pen, devrait également être entendue. Son témoignage à l’encontre de la gestion du personnel pourrait bien ajouter de nouveaux éléments à une affaire qui a de grandes implications politiques.







