Liban, Israël et les États-Unis ont franchi une étape significative en signant un accord-cadre tripartite qui pourrait ouvrir la voie à la paix, malgré l'absence de relations diplomatiques formelles entre les deux pays. Selon Ha’Aretz, les négociations intensives de quatre jours ont abouti à ce texte commun, marquant la première fois que des responsables libanais et israéliens signent un document ensemble. Toutefois, des voix critiques soulignent que "l'essentiel reste à faire", notant que la mise en œuvre des dispositions de cet accord est incertaine, surtout face au rejet par le Hezbollah.
Hassan Fadlallah, député du Hezbollah, a exprimé des craintes en déclarant que la seule façon d'appliquer cet accord au Liban serait à travers l'imposition d'une guerre civile, potentiellement soutenue par les États-Unis. L’Orient-Le Jour a rapporté que cette situation a déjà provoqué des manifestations de mécontentement à Beyrouth, notamment des blocages de routes dans la capitale, y compris celle de l'aéroport.
D'après El País, les perspectives de cet accord sont d'autant plus floues compte tenu de l'absence de compromis de la part du groupe soutenu par l'Iran. “Sans leur participation, l'avenir de cet accord s'annonce incertain, à l'instar des accords précédents souvent vite oubliés”, notent les analystes.
Marco Rubio, présent lors de la signature de l'accord, a tempéré les attentes en déclarant que "c'est le début du début" et que beaucoup reste à accomplir. Le gouvernement américain a promis 30 millions de dollars d'aide à l'armée libanaise pour l'aider dans l'application de cet accord.
Israël, de son côté, a accepté de se retirer de deux zones stratégiques au Sud-Liban, ce qui pourrait renforcer l'autorité de l'armée libanaise. Comme le souligne CNN, le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a qualifié cet accord de victoire majeure, affirmant qu'il permettrait à Israël de maintenir des positions tant que le Hezbollah n'est pas désarmé. Il a également voilé une part de défiance à l'égard de l'Iran, affirmant que cet accord signifie que les enjeux iraniens au Liban ne devraient pas entraver les relations israélo-libanaises.
Pour sa part, le président libanais Joseph Aoun voit dans cet accord une opportunité pour le Liban de "retrouver ses terres", tout en anticipant un État libanais redevenu souverain, sans l'influence des groupes armés comme le Hezbollah.
El País souligne que l'implication des États-Unis dans ce processus découle en partie de leur nécessité de résoudre le conflit libanais, qui représente un obstacle dans les pourparlers avec Téhéran. D'après Wall Street Journal, le cessez-le-feu entre les deux pays semble déjà menacé par de récentes tensions.
En conclusion, cet accord-cadre tant attendu soulève autant d'espoir que d'incertitude. Les prochains jours seront cruciaux pour évaluer les premiers résultats de ces négociations, tant pour le Liban que pour la stabilité régionale.







