Les fervents admirateurs de Céline Dion ne sont pas les seuls à attendre avec impatience ses concerts cet automne à Paris. Les professionnels du secteur touristique, des hôteliers aux restaurateurs, s'enthousiasment pour ce que l'on considère comme un véritable trésor financier, pouvant générer près de 500 millions d'euros.
À l'approche de la mise en vente des places restantes ce vendredi, Alexandra Dublanche, présidente de Choose Paris Region, déclare à l'AFP que l'impact économique des seize concerts pourrait atteindre entre 300 et 500 millions d'euros, englobant les ventes de billets, les dépenses dans l'hôtellerie, la restauration et le commerce. Cette estimation s'appuie sur les 150 à 180 millions d'euros de retombées générées par les quatre concerts de Taylor Swift à Paris en 2024.
Vanguélis Panayotis, analyste chez MKG Consulting, va même plus loin, avançant qu'avec des critères comme le transport et les dépenses logistiques, les retombées pourraient culminer à 1,2 milliard d'euros. « Pour le secteur hôtelier, cela représenterait environ 180 millions d'euros en recettes supplémentaires », affirme-t-il.
L'événement revêt une importance particulière, car il ne s'agit pas d'une tournée avec des concerts éparpillés dans plusieurs pays.
Les données de Booking.com révèlent une augmentation de 49 % des recherches pour des séjours à Paris durant la période des concerts par rapport à 2025.
Le réseau d'Apart'hôtels Adagio évoque une explosion de 400 % des réservations depuis l'annonce officielle, notamment en provenance de marchés sous-représentés comme le Canada et l'Australie.
« Nous anticipons 500 000 spectateurs, dont un tiers venant de l'étranger », souligne Dublanche. Cette clientèle dépense davantage : « Un Francilien dépense en moyenne 200 euros, un provincial environ 500 euros, tandis qu'un visiteur international pourrait dépenser jusqu'à 1 200 euros », précise Didier Arino, directeur général de Protourisme.
Cependant, cette dynamique est d'autant plus essentielle alors que Paris connaît actuellement une baisse de son taux d'occupation hôtelier, exacerbée par des enjeux internationaux.
Arthur Lemoine, directeur général des Galeries Lafayette, précise que les concerts de Taylor Swift avaient déjà eu un impact significatif sur leurs activités. Avec Céline Dion pour une durée de un mois et demi, l'attraction devrait être encore plus puissante pour le commerce parisien.
Vanessa Heydorff, directrice générale France de Booking.com, affirme que les grands événements musicaux, tels que ceux de Céline Dion, servent de véritables moteurs pour le tourisme.
Selon Panayotis, le phénomène des concerts attirant des foules est devenu un marqueur fort de la consommation touristique, observé à l’échelle nationale comme internationale. Un enjeu stratégique demeure d'attirer de tels événements, créant des retombées économiques considérables.
Ce phénomène ne touche pas seulement Céline Dion ; par exemple, les concerts du groupe BTS prévus pour juillet ont provoqué une hausse de 590 % des recherches d'hébergement à Paris après l'annonce des dates.
Ce « gig-tripping », où le concert est le catalyseur principal d'un voyage, est en pleine ascension. Choose Paris Region s’emploiera à prolonger le séjour des spectateurs en les dirigeant vers des lieux moins connus comme la vallée de l’impressionnisme dans le Val-d’Oise à l'occasion de l'anniversaire de Monet.







