Rima Hassan en garde à vue : relance d'un drame historique au cœur du conflit israélo-palestinien

Retour sur l'attentat de Lod à travers les propos de Rima Hassan et Kōzō Okamoto.
Rima Hassan en garde à vue : relance d'un drame historique au cœur du conflit israélo-palestinien
Kōzō Okamoto à son procès en 1972. Photo d'archives MaxPPP - Keystone Pictures USAA - Keystone Pictures USA

L'essentiel

La récente garde à vue de l'eurodéputée LFI, Rima Hassan, pour des accusations d'apologie du terrorisme, soulève des questions sur un événement souvent oublié de l'histoire du conflit israélo-palestinien : le massacre de l'aéroport de Lod en 1972. Hassan est accusée d'avoir partagé les propos de Kōzō Okamoto, un des auteurs de l'attentat, stipulant un "devoir de résistance" pour la "cause palestinienne". Décryptage de ce passé tragique.

“J’ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu’il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir.” Tels sont les mots de Kōzō Okamoto, relayés par Rima Hassan sur X, le 26 mars. Un post, désormais supprimé, ayant conduit à son placement en garde à vue. Qui est réellement Okamoto ? Quelles sont les implications de ce retour à l’actualité ?

Kōzō Okamoto est un Japonais lié au groupe Armée rouge japonaise. En 1972, alors âgé de 24 ans, il participe à l’attaque de l’aéroport de Lod en Israël. Selon un article du Courrier international, le groupe terroriste s'était retrouvé au Liban, "la Mecque des organisations terroristes", anticipant une pression croissante de la police japonaise.

26 morts, 80 blessés à Tel-Aviv

Le 30 mai 1972, Okamoto et ses complices, Okodeira Takeshi et Yassouda Yasuki, prennent un vol Air France à destination de Tel-Aviv. À leur arrivée, ils ouvrent le feu avec des mitraillettes dissimulées dans leurs bagages. En seulement deux minutes, 26 personnes perdent la vie et 80 autres sont blessées, comme le souligne Ha’aretz.

La Première ministre israélienne de l'époque, Golda Meir, qualifie cet acte de "crime minutieusement planifié", visant à tuer sans distinction. Elle déclare que les auteurs sont des criminels n'ayant d’autre objectif que le meurtre au nom d'une prétendue révolution, frappant des innocents en pèlerinage.

Le Monde rapportait à l'époque les liens entre les attaquants et le FPLP (Front populaire de libération de la Palestine), qui revendique le massacre. Celui-ci était présenté comme une étape dans la lutte des Palestiniens contre l'impérialisme. Selon leur déclaration, "tous ceux qui choisissent de visiter Israël, en tant que touriste, ne peuvent être considérés comme victimes innocentes".

"Paisible" au Liban à 74 ans

Condamné à mort, Okamoto écopera finalement d’une peine de prison à perpétuité, mais sera libéré en 1985 à la faveur d’un échange de prisonniers entre Israël et la Palestine. Selon Courrier international, à 74 ans, il mène aujourd'hui une existence paisible au Liban.

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