Le parquet général a requis, jeudi 3 avril à Paris, une peine de dix-huit à vingt-quatre mois de prison avec sursis probatoire et 250.000 € d’amende contre Isabelle Adjani, pour fraude fiscale aggravée et blanchiment.
Lors de son procès en appel, Isabelle Adjani a vu le parquet général demander une peine de dix-huit à vingt-quatre mois de prison avec sursis et 250.000 € d’amende. Accusée de fraude fiscale et de blanchiment d'argent, l'actrice a été condamnée en première instance pour avoir mis en place une domiciliation fictive au Portugal entre 2016 et 2017, dissimulé une donation en 2013, et fait transiter de l'argent via les États-Unis en 2014.
Lors de son premier procès, en 2023, l’actrice était absente. Cette fois-ci, elle a pu assister aux débats et répondre aux questions de la cour, mais sans que cela n'influence l'analyse du dossier. L’avocat général, Laurent Couderc, a noté qu’il souhaitait la « confirmation totale du jugement de première instance ». Adjani, dans une déclaration poignante, a exprimé : « Je me demande s’il n’y a pas une forme d’animosité personnelle à mon endroit ».
La veille, la comédienne avait vigoureusement nié toute intention malveillante, se décrivant comme une « proie » d'escroqueries, affirmant : « J’ai la phobie des papiers » et reconnaissant qu'elle n'a jamais rempli d'impôts, ce qui aurait pu entraîner des conséquences désastreuses.
Elle accuse ses conseillers
Ajoutant à sa défense, elle a déclaré : « Mes affaires ont été confiées à des gens pour qu’elles soient gérées correctement ». Elle a également mis en cause des individus de son entourage, pointant un ancien associé et son ex-compagnon, qu'elle accuse d’avoir abusé d'elle.
Concernant sa domiciliation au Portugal, Adjani a affirmé qu'elle y avait toutes ses affaires sans cependant s'y sentir ancrée. Le procureur a dénoncé la nature fictive de cette domiciliation, tandis que son avocat de la DGFiP, Me Ralph Boussier, a insisté sur le fait qu’elle résidait bel et bien en France.
L’actrice a déjà remboursé 1,3 million d’euros
Au cœur des débats figuraient également des montants versés par un ami d’Adjani, ainsi que sa réaction face à des accusations de dissimulation. L’actrice a remboursé 1,3 million d’euros, mais son avocat, Me David Lepidi, a plaidé la relaxe en mettant en lumière le manque d’empathie du ministère public. La décision finale est attendue pour le 1er juillet.
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