Dans une démarche audacieuse, l'association Médecins sans frontières (MSF) a déposé une plainte pour « diffamation » contre un groupe d'extrême droite britannique suite à une agression verbale dont l'équipe a été victime sur le littoral français en décembre dernier, a annoncé l'ONG le 5 mars 2026.
Le 5 décembre, près de Grand-Fort-Philippe, des membres de MSF revenaient d'une maraude médicale auprès de migrants ayant tenté de traverser la Manche. C'est alors qu'ils ont été confrontés à trois activistes du mouvement britannique “Raise The Colours”, qui se sont approchés de manière menaçante et ont proféré des insultes, considérées par l'organisation comme des « propos diffamatoires et mensongers », selon leur communiqué de presse.
Des insultes et des propos diffamatoires
MSF a précisé que l'agression a été filmée par les activistes et diffusée sur les réseaux sociaux, entraînant une vague de menaces et de messages haineux envers les personnes exilées ainsi que les travailleurs humanitaires.
D'après l'Agence France Presse, l'ONG a déposé sa plainte mercredi auprès du tribunal judiciaire de Paris. De plus, plusieurs membres de MSF envisagent également de porter plainte pour des faits de violences psychologiques.
Idéologie xénophobe et anti-immigration mise en lumière
Le mouvement Raise The Colours est dans le viseur des autorités françaises. Le 23 janvier, les préfectures du Nord et du Pas-de-Calais ont interdit un rassemblement organisé par ses militants, soulignant que leurs interventions sont « largement diffusées sur les réseaux sociaux » et qu'elles s’inscrivent dans « une idéologie xénophobe et anti-immigration », constituant un risque pour l’ordre public.
Tout juste dix jours avant cette interdiction, le ministère de l'Intérieur avait par ailleurs pris la décision d'interdire l'entrée sur le territoire français à dix militants britanniques de ce mouvement.
Camille Niel, cheffe de mission de Médecins sans Frontières en France, a dénoncé dans un communiqué le climat d'impunité qui semble entourer ces actes : « La répétition de ces actes prend racine dans un climat d’impunité alimenté par des discours et des politiques migratoires qui favorisent la stigmatisation, le rejet et la haine, aux dépens de la santé physique et psychologique des personnes exilées. »
MSF appelle donc les autorités à « prendre toutes les mesures nécessaires afin de prévenir de nouveaux actes d’intimidation et de garantir la sécurité des travailleurs humanitaires et des populations vulnérables. »







