Les centaines de milliers d'affiches électorales embellissent les panneaux dédiés dans tout l'Hexagone, tandis que les candidats aux municipales se mettent en lumière en grand format. Établies à proximité des écoles et mairies, ces affiches jouent un rôle clé dans la visibilité des candidats en période de campagne.
À Bourg-en-Bresse, par exemple, Benoît de Boysson, candidat Reconquête, révèle la persévérance de ses partisans qui collent plusieurs fois par jour, armés de colle et de pinceaux. "Notre niveau de présence dans la rue est déterminant pour rester gravés dans l'esprit des électeurs", explique-t-il. Pourtant, cette méthode traditionnelle fait face à une concurrence féroce des réseaux sociaux, jugés plus efficaces par certains acteurs politiques.
En concurrence avec les réseaux sociaux
Le collage d'affiches continue d'engager les militants, que ce soit sur les espaces autorisés ou sur des lieux plus aléatoires, mais certains analystes perçoivent cela plus comme une routine folklorique qu'une stratégie électorale déterminante. Beaucoup conviennent que la prépondérance des réseaux sociaux a radicalement transformé la dynamique de communication. "Les médias numériques sont devenus le champ de bataille principal, surtout dans les petites communes où les frais de campagne ne sont pas remboursés", souligne Khalid Ait-Omar, maire-adjoint à Courbevoie (Hauts-de-Seine).
Dans la commune de Perigny-sur-Yerres, un candidat a même intégré l'intelligence artificielle pour créer une affiche animée de son programme, illustrant à quel point l'innovation technologique trouve sa place dans ce paysage en mutation.
"Honnêtement, les affiches ont moins d'importance qu'à une époque et je ne vois pas comment la tendance va s'inverser. Nous, on se concentre surtout sur les réseaux sociaux", assure Khalid Ait-Omar.
Fin de l'époque des rues couvertes d'affiches
Le temps où chaque coin de rue était envahi par des affiches est révolu. Dans le passé, il était courant de voir des militants escalader des échelles pour coller des affiches en hauteur. Grégoire Milot, auteur de La politique s'affiche, observe que "les rues étaient autrefois truffées de slogans et d'appels à la mobilisation, mais cette époque semble désormais bien éloignée".
Amitié militante
Cependant, même si le collage d'affiches semble moins stratégique, il reste un symbole d'engagement. À Antony, des affiches ont été vandalisées par des opposants, illustrant les tensions politiques qui demeurent vivaces. La loi interdit la dégradation des affiches officielles, mais cette situation révèle l'importance symbolique qu'elles continuent de revêtir.
"Il y a des copains qui adorent se retrouver pour faire ça, et pour les militants, c'est un moyen de rendre visible leur candidate", partage Mohamed Bensaada, militant à Marseille.
Coup de poing et morceaux de verre
Les élections de 2008 à Marseille, marquées par des tensions physiques entre équipes adverses, ont laissé leur empreinte sur les pratiques actuelles. Bien que la situation soit moins explosive aujourd'hui, des stratégies parfois discutables persistent. Certains candidats, comme Martine Vassal, sont accusés de dépasser les limites du règlement électoral, ce qui suscite des critiques de la part d'autres candidats, comme le dénonçait Erwan Davoux.
Alors que des pratiques anciennes, telles que l'utilisation de morceaux de verre pour renforcer les affiches, semblent appartenir à un autre temps, un constat s'impose : l'avenir des affiches politiques est incertain, mais leur fonction rassembleuse parmi les militants reste intacte.
La fin d'une époque s'annonce, marquée par une évolution des méthodes de communication et un repositionnement nécessaire face à la transformation digitale du paysage politique.







