Le Groenland, vaste territoire arctique et autonome du Danemark, est actuellement au centre de l'attention internationale grâce aux avidités exprimées par l’administration Trump. En effet, l’ancien président a fait connaître son désir d'acquérir cette île, sinon par des accords amicaux, du moins par une approche plus coercitive. Comment la population locale réagit-elle à cette pression étrangère ?
Dans la capitale groenlandaise, Nuuk, des voix s'élèvent parmi la population. Pour un pêcheur, l'absence de moyens militaires renforce l'inquiétude. "Nous n'avons pratiquement pas d'armes ni de soldats. Espérons que la France nous apportera son aide", déclare-t-il. Une autre commentatrice ajoute, avec un brin d'ironie : "Nos deux navires sont en panne, que peuvent faire les Américains ?".
Les craintes face aux ambitions américaines se sont amplifiées ces derniers mois. Najannguaq Hegelund, jeune mère de famille, confie que le climat politique devient de plus en plus stressant. "Au début, c’était presque drôle, mais désormais, nous nous ressentons comme de simples marchandises à échanger. J'avais cru que de telles pratiques appartenaient au passé", explique-t-elle. Cette pensée est partagée par beaucoup, qui craignent que le Groenland soit considéré comme une proie plutôt qu'un pays souverain.
Une richesse imprégnée d'intérêts stratégiques
La fascination de Donald Trump pour cette terre réside en grande partie dans ses ressources inexploitées en terres rares et son importance stratégique, alors que l'Arctique attire de plus en plus d'attention. Des investissements en infrastructure pourraient bouleverser la scène géopolitique. D'après un rapport de France 24, des pays comme la Chine et la Russie s'intéressent également à cette région, exacerbant la lutte d'influence. Les États-Unis possèdent déjà une base militaire au nord, intensifiant les préoccupations locales.
Face à cette pression, la résistance groenlandaise prend des formes variées, y compris l’expression culturelle. David Røgilds, designer local, utilise sa boutique pour lancer des messages résolument antifrançais, avec des t-shirts arborant "Le Groenland n'est pas à vendre". "Nous ne voulons pas remplacer le colonialisme par un nouveau pouvoir", affirme-t-il, tout en critiquant les différences entre les systèmes sociaux américain et groenlandais.
Les voix de l'indépendance
Des leaders politiques, comme Pele Broberg, député et membre du parti indépendantiste Naleraq, soutiennent également l’idée d’un pacte de libre association, affirmant : "Nous ne cherchons pas à tomber sous le contrôle d'une autre puissance. Nous voulons notre indépendance". Cela passe par la préservation de leur culture et de leur langue, précieuses ressources face aux tentations extérieures. Une artisan s'inquiète : "Nous avons tant souffert au cours de l'histoire. Notre objectif est de retrouver notre identité culturelle, sans influence américaine".
Les Groenlandais, qui ont longtemps admiré les États-Unis comme bastion de la démocratie, commencent à reconsidérer cette image. Le climat actuel, marqué par les pressions extérieures, appelle à un renforcement de leur autonomie et à une réaffirmation de leur identité nationale. Dans ce contexte, la souveraineté et la culture groenlandaises deviennent primordiales.







