Le retour de la consigne du verre : un projet qui peine à s'imposer

Un an après son lancement, la consigne du verre fait face à des défis majeurs.
Le retour de la consigne du verre : un projet qui peine à s'imposer
Des bouteilles sortent de la chaîne de fabrication de l'usine de Saverglass, le 24 septembre 2008 à Arques. Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP

Un an après son déploiement dans quatre régions, l'expérimentation de la consigne du verre affiche des résultats décevants. Entre des prix dissuasifs, un choix restreint et une mobilisation insuffisante des distributeurs, le réemploi des emballages semble limité.

Ce dispositif, qui promettait de révolutionner le recyclage, est pour l'instant en difficulté. Lancée en juin 2025, cette initiative couvre quatre régions : la Bretagne, les Hauts-de-France, la Normandie et les Pays de la Loire. Cependant, seulement un tiers des magasins ayant adhéré à l’initiative proposent véritablement ce dispositif. L'objectif étant de rapporter des bouteilles et des bocaux pour les laver et les réutiliser, plusieurs éléments freinent son expansion.

Les attentes étaient élevées, avec la promesse de plus de 200 produits emballés dans des contenants en verre consignés et réutilisables, incluant des articles tels que les pâtes à tartiner, les petits pois ou les boissons. Pourtant, l'association Zéro Waste France, spécialisée dans la préservation de l'environnement, rapporte avoir observé en moyenne à peine une dizaine de produits sur le terrain.

Les produits disponibles se limitent en grande partie à des bouteilles de vin, de bière, d'eau ou de jus de fruits, souvent vendus à des prix prohibitifs. Par exemple, un jus d'orange qui coûtait 1,99 euro est proposé à 2,49 euros en format consigné, représentant ainsi une augmentation de 25%. Marine Bonavista, chargée de plaidoyer à Zéro Waste France, explique cette réalité : "Les consommateurs s'attendaient à plus de choix et de prix abordables, mais ce n'est pas le cas."

Par ailleurs, l'information semble manquer dans les magasins. Marine Bonavista souligne que “92% des citoyens se disent favorables au développement de la consigne, mais les marques et distributeurs ne s'engagent pas suffisamment.” Cela révèle un décalage entre les attentes des consommateurs et l'offre actuelle, entravant ainsi la bonne marche du projet.

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