L'Union européenne met en œuvre une politique de plus en plus restrictive, limitant l'accès au droit d'asile tout en ouvrant des chemins légaux pour les besoins de main-d'œuvre, informe la Commission. Face à ce contexte, la France a intensifié la surveillance de ses côtes en direction du Royaume-Uni, laissant les autorités belges en première ligne face à l'afflux de migrants.
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Cette année, des images inédites ont émergé : un bateau transportant près de vingt migrants, en route vers le Royaume-Uni, s'élance depuis les côtes belges. Plusieurs viennent de Calais ou de Grande-Synthe, empruntant désormais une itinéraire qui devient de plus en plus fréquenté par les passeurs. En effet, la côte belge, avec ses 66 kilomètres, est devenue un terrain de jeu pour ces derniers. Analysons de près ce phénomène avec Jean-Marie Dedecker, le maire de Middelkerke. "Ici, le paysage est composé principalement de dunes. Cela facilite grandement le débarquement des embarcations", observe-t-il.
Depuis le début de l'année, la commune assiste à l'arrivée de nouveaux migrants. "Un groupe de six à huit jeunes hommes, âgés de 20 à 25 ans, arrive d'abord pour préparer la traversée. Ils gonflent les bateaux puis courent vers la mer. Une fois sur l'eau, il devient impossible de les intercepter", ajoute-t-il, alertant sur cette situation.
La côte française, une forteresse inexpugnable
En Belgique, les forces de l'ordre n'interviennent qu'en cas d'urgence, comme l'illustre une vidéo filmée fin mars où une vingtaine de migrants ont dû être secourus alors que leur bateau commençait à prendre l'eau. Par ailleurs, les moyens déployés sur les côtes belges sont nettement inférieurs à ceux de la France.
Suite aux accords franco-britanniques visant à contrôler les traversées clandestines, la côte française s'est transformée en véritable forteresse, mobilisant d'importants moyens. À Grande-Synthe, de nombreux migrants rapportent leurs tentatives infructueuses : "J'ai essayé deux fois. La police est omniprésente", s'extasie l'un d'eux, tandis qu'un autre témoigne : "Trois tentatives, trois échecs face à une police très vigilante".
Pour contourner ces obstacles, certains migrants traversent la frontière peu avant leur départ, parcourant quelques kilomètres en bus, en voiture ou même en taxi. Généralement, seules 15 à 20 personnes embarquent, avant de longer la côte en direction de la France pour retrouver d'autres membres de leur groupe et poursuivre leur route vers le Royaume-Uni. Sur les 700 migrants ayant tenté la traversée depuis janvier, 500 ont réussi. Ainsi, la surveillance le long des dunes a été renforcée par des patrouilles de la police fédérale, à l'affût du moindre indice sur la présence de migrants, comme l'indiquent des objets abandonnés tels que des sacs à dos ou des gilets de sauvetage, selon Tiphanie Cretser, inspectrice de la police fédérale belge.
Surveillance accrue sur plusieurs fronts
Les efforts de repérage sont soutenus par l'agence Frontex, qui utilise des drones et des avions pour surveiller les mouvements. Christian de Ridder, chef de corps adjoint de la zone de police Westkust, décrit leur stratégie : "Nous tentons d'intercepter les migrants sur l'autoroute grâce à des caméras de reconnaissance de plaques, avant de mener des patrouilles entre l’autoroute et la côte, et enfin, des surveillances en bord de mer avec des drones".
Pour aller plus loin, des patrouilles communes avec la France sont en projet, selon les autorités belges, qui renforcent leur collaboration pour échanger des renseignements et maintenir une réaction rapide face à cette crise migratoire croissante.







